Dépeceur de Mons : des raisons de douter

Deux lettres accusent un médecin montois d'être le dépeceur de Mons. Du côté de la Justice, on procède à de logiques vérifications.

La plupart des éléments évoqués par l'auteur des lettres accusant le docteur Jacques Antoine d'être le dépeceur de Mons ne correspondent pas au dossier, indique mardi le journal Le Soir. Les enquêteurs vont chercher le lien mais doutent d'en trouver un, ajoute le quotidien.

Le dénonciateur, qui est, selon La Dernière Heure, le fils du médecin, avance des éléments factuels qui ne correspondent pas au dossier, indique Le Soir. Il fait état du passage régulier du Dr Antoine à Knokke-Heist entre 1985 et 1995, établissant un lien avec le dépeceur qui utilisait des sacs-poubelle de la commune. Hors, les sacs utilisés par le dépeceur provenaient d'un lot refusé qui aurait dû être détruit et qui s'est retrouvé dans une solderie à Mons. 

Alors que l'auteur des lettres évoque la passion pour les armes du docteur, aucune des victimes du dépeceur n'a été tuée par arme à feu, rappelle Le Soir.

Un témoin du dépôt des sacs macabres en mars 1997 à Cuesmes avait déclaré avoir vu une camionnette blanche alors que
le médecin disposait à cette époque d'une voiture extrêmement voyante, selon l'auteur des lettres. 

Enfin, il est peu probable que le médecin, à la position financière assurée, ait tenté à deux reprises dans la nuit de la disparition de Jacqueline Leclercq, du 22 au 23 décembre 1996, de retirer d'un Bancontact les maigres dépôts de la victime. 

Depuis le début de l'enquête sur le dépeceur, pas moins de 1000 dénonciations ont été enregistrées.

Belga


13 ans d’enquête et pas de réponse

Au registre des grandes affaires criminelles non résolues qui ont marqué l’opinion publique, celle du dépeceur de Mons occuperait sans conteste le haut du pavé avec, sans doute, les tueries du Brabant.

Celle que l’on appellera très rapidement « du dépeceur de Mons » débute le 22 mars 1997. Une journée sordide pour ce cavalier de la police qui découvre à Cuesmes, en contrebas d’une rue, 9 sacs en plastique contenant des morceaux de corps humains, restes incomplets de trois corps méthodiquement découpés à la scie et au scalpel… Mais ce n’est qu’un début. Le 24 mars, un dixième sac au contenu aussi affreux est découvert, puis deux autres encore le 12 avril et 3 derniers le 18 avril, sans oublier des restes humains découverts plus tard, même au-delà de la frontière française…

Comble de l’ignominie, celui que l’on nommera le dépeceur de Mons répandra ses « colis » dans des rues aux noms évocateurs : la rue de l’Inquiétude, rue du Dépôt, de la Trouille ou encore la rivière Haine. Qui sont les victimes ? Des femmes signalées disparues en 1996 et 1997 et le plus souvent marginales.

Aujourd’hui, le nombre de victimes du tueur serait de 5 : Carmelino Russo (46 ans), Martine Brohn (43 ans), Jacqueline Lelclerq (33 ans), Nathalie Godart (22 ans) et Begonia Valencia. Mais la liste macabre n’aurait rien d’exhaustif…

Reste à trouver le ou les auteurs. Dès la découverte des premiers restes, les autorités judiciaires mettent en place la cellule Corpus, dédiée à la traque au tueur. Une chasse qui n’a rien de simple. Aujourd’hui, après 13 années d’enquête, des centaines de pistes examinées, des interpellations de suspects ensuite relaxés, des commissions rogatoires à l’étranger et même un coup de pouce du FBI n’ont d’ailleurs pas permis de mettre un nom sur le dépeceur de Mons.
Reste la question : qu’est-il devenu aujourd’hui ? Très actif à l’époque, le tueur n’a plus fait parler de lui. Soit presque 13 années de silence, curieux pour un tueur en série. Disparu ? Incarcéré pour une autre raison ? S’est-il reconstruit une autre vie ? Est-il mort ? Personne n’a la réponse. Jusqu’à présent.

T.E.