Une nouvelle piste pour le dépeceur

Deux lettres accusent ce médecin montois de 62 ans d'être le dépeceur de Mons . Du côté de la Justice, on procède à de logiques vérifications.

«Ha ben nous, on tombe des nues... Si c'est lui le dépeceur de Mons, vous vous rendez compte de ce qu'on a côtoyé. » D'un ton teinté d'appréhension, cette employée de ce Centre de médecine spécialisée (CMS) de Boussu évoque le choc qu'elle a subi hier matin lorsque, comme bien d'autres de ses collègues, elle a appris « la terrible nouvelle », révélée par nos confrères du Soir .

Laquelle ? Un médecin « pourtant très gentil et charmant » qui tenait des consultations au CMS fait actuellement l'objet d'une attention très particulière de la justice montoise dans le cadre de l'enquête sur le dépeceur de Mons.

Motif : deux lettres d'août 2009 et janvier 2010 accusent le médecin de 62 ans d'être ni plus ni moins que ce maniaque qui a tué et découpé cinq femmes en 1997 à Mons. Cinq victimes dont les corps ont été découpés à la scie et au scalpel dans des sacs plastiques eux-mêmes éparpillés dans la région (lire ci-contre).

Le hic, c'est que ces courriers, s'ils sont signés d'un proche du médecin, n'apportent aucun élément de preuve quant à un éventuel lien entre le médecin et le tueur en série. Mais du côté de la Justice, on souligne néanmoins la logique et « absolue nécessité de vérifier le contenu des lettres. Soit des vérifications auxquelles on procède comme pour toutes les autres pistes lorsqu'elles sont évoquées. Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. Et rester prudent... » Autrement dit : ce peut être lui, comme il peut être totalement innocent... Une prudence d'autant plus de mise que le dossier comporterait 989 sous-fardes, correspondant à des pistes soulevées, dont plusieurs basées sur des dénonciations n'aboutissant sur rien d'autre que le néant.

Médecin sous les verrous Et le médecin ? Aujourd'hui, ce spécialiste « nez-gorge-oreille » se trouve sous les verrous, et ce depuis le 26 janvier. Une nuance toutefois : son arrestation ne résulte pas d'un lien éventuel avec le dépeceur mais bien d'une agression commise sur Aurélie, une employée esthéticienne de 27 ans travaillant au CMS de Boussu dans le cadre d'un dossier de harcèlement...

Que s'est il passé ce jour-là ? Lassée des « attentions particulières » dont elle faisait l'objet de la part du médecin depuis un certain temps, la jeune fille avait menacé de le dénoncer. Une initiative qui a fait bondir le médecin qui a vu tout rouge le 26 janvier dernier.

Ce jour-là, il a fait irruption au CMS pour rejoindre l'esthéticienne et l'agresser et la menacer de mort... La jeune fille n'a dû son salut qu'à l'arrivée fortuite de policiers.

Depuis lors, l'homme a été placé sous mandat d'arrêt du chef de harcèlement, menaces et vol avec violences. Un mandat qui a été reconduit pour une durée d'un mois. Le temps, sans doute, de procéder aux vérifications liées aux courriers.