Des soutiens embarrassants pour Mgr Léonard

"Quand on a certains amis, nul besoin d’ennemi" se dira peut-être Mgr Léonard, en découvrant les noms de pétitionnaires qui l’appuient. (photo Reporters)

Que Mgr André-Joseph Léonard suscite des réactions en sens divers, on en a eu confirmation depuis l’annonce de sa nomination à l’archevêché de Bruxelles-Malines. Mais, parmi ceux qui approuvent sa désignation, il en est que ne doit que modérément apprécier l’ancien évêque de Namur, "qui n’est pas un homme d’extrême droite" note Manuel Abramowicz.

Du Vlaams Belang au Front National, les ultras de la mouvance catholique et nationaliste ne lui ménagent en effet pas leur soutien, constate le coordinateur de la rédaction du site Résistances.be.

"Fini, le temps des expériences de mai 1968"

Dès l’officialisation de la nouvelle, note Abramowicz, l’association flamande Beweging voor Christelijke Solidariteit («Mouvement pour la solidarité chrétienne») s’en est réjouie, en soulignant que «le temps des expériences dans la foulée de mai 1968 est fini». Présidé par un dirigeant du Vlaams Belang anversois, Philippe Van der Sande, le BCS a lancé, en Flandre, une campagne contre l’avortement, soutenue notamment par le Nationalistiche Studentenvereniging, une association d’étudiants d’extrême droite.

C’est aussi avec le soutien du parti séparatiste qu’une « pétition pro-Léonard » a été lancée à Anvers. Elle s’en prend notamment aux journalistes, responsables des « réactions négatives » au nouveau primat.

Le 24 janvier dernier, 6.038 personnes avaient signé la pétition. Parmi elles, Alain Escada, fondateur dans les années 90 d’une dissidence radicale du Front National, aujourd’hui président de l’association « Belgique & Chrétienté » ; l’ancien député wallon FN Charles Pire ; ou un abbé ucclois « qui, en 1994, avait accepté de célébrer une messe pour le repos de l’âme de Léon Degrelle ». Trop largement annoncé, l’office ne put avoir lieu. L’appui de l’ecclésiastique n’en est pas moins gênant pour Mgr Léonard.