LASNETRIBUNAL CORRECTIONNEL

De solides ressources à Kinshasa

«Il ne m'aura pas à l'usure.» C'est par ces mots qu'une femme, qui élève ses quatre enfants adolescents, conclut sa déposition à l'audience correctionnelle du 14 avril dernier.

Face à elle, sur le banc des accusés, son ex-mari Henry B., 52 ans, domicilié à Kinshasa. Il avait à répondre d'abandon de famille. Condamné depuis le divorce de 1998 à verser une contribution alimentaire destinée à permettre l'éducation de ses enfants, il s'en abstint au point que, en 2010, le décompte s'élevait à près de 400000 ¤.

« Jamais, depuis 1999, il n'a supporté le moindre coût pour l'environnement scolaire de ses enfants. Rien que les intérêts s'élèvent à 70 000 ¤», expliqua Me Portelange.

Condamné le 9 octobre 2003 à 28 mois de prison (sursis pour les trois quarts) pour escroquerie, abus de confiance, faux chèques émis après faillite, l'homme semble s'être refait une santé financière malgré l'interdiction qui le frappe d'encore exercer une fonction d'administrateur de société.

Il se fit engager comme serveur dans le restaurant exploité par sa seconde épouse (mariage en avril 2004), mais c'est surtout grâce à ses nouvelles activités au Congo qu'il a pu effectuer de récents versements qui, l'un dans l'autre, s'élèvent à plus de 80 000 ¤.

«Il s'engage à verser 50 000 ¤ en 2011 et 2012 en plus des mensualités de 1 527 ¤ », plaida son avocat.

Un salaire mensuel de 4000 dollars

L'homme expliqua avoir créé là-bas, grâce à deux associés «sponsors», une société de courtage dont il n'apporta pas les statuts. «Il n'y a pas de contrat officiel. Toute la procédure est orale. Mon salaire mensuel est de 4000 dollars.» Ainsi que nous l'avons relaté le 18 avril, le parquet requit deux ans de prison ferme. Telle est la peine rendue avec, en sus, une amende de 5 500 ¤.

J. Vd.