Trouver une zone naturelle de 20 000 hectares pour la réintégration des bonobos n'a pas été chose aisée. «Cela a demandé à Claudine André des années de préparation avant mon arrivée, témoigne Marielle Puit. Elle a eu l'autorisation du ministère de l'environnement de la République démocratique du Congo. Et elle a aussi passé un accord avec le peuple forestier des Ilongapos : vous devenez les gardiens de mes bonobos, et en échange, on vous soutiendra dans des projets de développement. »

Il aura aussi fallu suivre les directives de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Pas un souci majeur pour une Claudine André parmi les convaincues. «Elle a sa devise : la conservation passe par l'éducation, continue Marielle. L'un des objectifs du sanctuaire''Lola ya Bonobo'' est de faire découvrir les bonobos aux Congolais en leur présentant comme un patrimoine national. Si bien que la population locale apporte, elle-même, des bonobos orphelins au sanctuaire. Il est difficile de chiffrer les dégâts du trafic de viande de brousse. En 1980, on parlait de la présence de 100 000 bonobos. De nos jours, on évoque le chiffre de 10 000. On attend l'estimation dégagée d'une réunion de spécialistes en janvier 2011.» Reste le nerf de la guerre en sachant qu'il faut 60 ¤ par mois pour nourrir un bonobo au dispensaire. Ça vivote, donc, grâce à des dons principalement. «Certains penseront que c'est donner beaucoup d'argent pour des singes. Mais le programme de réintroduction des bonobos participe aussi au développement de l'économie locale via de l'emploi. Sans oublier l'amélioration des écosystèmes. L'argent vient aussi appuyer des projets sociaux. Du matériel scolaire a déjà été distribué dans les écoles. Prochainement, les agriculteurs recevront de l'outillage.»

F.R.

www.lolayabonobo.org