Sylvain est, comme le fait remarquer le substitut du procureur du roi, ce qu'on appelle communément un beau parleur . Pourtant, cette fois, on n'entendra pas le son de sa voix. Le prévenu fait défaut et n'est pas représenté par un avocat.

Ce qu'on reproche à cet homme, né en 1973? Une série invraisemblable d'escroqueries, faux, vols domestiques, abus de confiance, menaces, vente de produits contrefaits, usurpations d'identité, grivèleries et autres exactions... En résumé : le prévenu se faisait tantôt passer pour un directeur commercial, endossait tantôt un costume d'employeur... pour mieux dépouiller ses victimes (dont l'une s'est constitué partie civile et réclame des dédommagements).

«Il faisait miroiter de mirobolants contrats de travail à ses interlocuteurs, les priaient d'avancer l'argent nécessaire à l'achat de matériel informatique performant... Et, tout cela restait bien évidemment sans suite», explique, entre autres combines, Nicolas Beaudoin.

«Il a ruiné des tas de personnes... qui ont laissé des mois de salaire dans l'aventure. Il a multiplié les emprunts (non remboursés) et les ardoises, ci et là. C'était aussi un flambeur, habitué des casinos et autres jeux d'argent», poursuit le porte-parole du parquet qui souligne également un autre travers, dans le chef du prévenu : une addiction aux médicaments (codéine et antidépresseurs) qui l'a amené à commettre... de fausses ordonnances médicales!

Bref, difficile de faire beaucoup mieux, dans ce registre... C'est pourquoi le représentant du ministère public requiert une sanction sévère : «Trois ans de prison, peine à laquelle le prévenu (qui ne manque pas d'antécédents) a déjà été condamné... en France.» L'homme ne s'est effectivement pas contenté d'exercer ses activités sur notre seul territoire. Il s'affiche vraiment comme un champion international toutes catégories .

Jugement, le 13 mai.

J.-P.C.

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