«Claironneur, tambourineur, prometteur d'aubes vives, le cri du coq rouge transcende la nuit noire.Dans les cliniques et les hôpitaux urbains, de blanches infirmières aux gestes de douceur froide éveillent les malades gisant dans les linges et les limbes de l'asepsie. Passe le médecin, le stéthoscope pendouillant sur son coeur à lui.

À la même heure, des éboueurs consciencieux, méthodiques, enfournent dans les bennes de leurs camions nos turpitudes ordurières. Un passant dans un square distribue des miettes aux pigeons querelleurs. Il leur sourit puis leur fait la leçon : un doux prêchi-prêcha que personne ne comprendra jamais.

C'est l'aube.

Assez de la ville, de ses artères surchargées.

Assez de ses enseignes, de ses criarderies et de ses tromperies.

De ses éclats de voix, de ses trompe-les-sens, de ses énerveries.

Franchir la barrière des banlieues.

Et retrouver plus loin la nuit et le cri du coq rouge.» Extrait de «Nocturnes», Paul André et Alain Winance, éd. Esperluète, 14¤

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