CYCLISME

Tom Vandamme: «Stupéfait par le dossier Contador»

Tom Vandamme: «Stupéfait par le dossier Contador»

Belga

Le président de la RLVB a mis plusieurs fers au feu. Le moindre n'étant pas la diplomatie, devenue nécessaire dans le vélo mondialisé.

Tom Vandamme, le président de la RLVB, était aussi à St-Raphaël, invité par l'équipe Wallonie-Bruxelles. On sait que, ce dernier jeudi, le coeur n'était guère à l'ouvrage, après la mort brutale de François Vanassche. Tom, très ému par ce drame, a tout de même tenu à répondre à nos questions, avec sa modestie coutumière.

Tom, depuis votre accession à la présidence, vous avez mis quelques chantiers en route.

Je pense qu'on a bien progressé parce que, dans les faits, cela ne fait que six mois que je suis président, en considérant que juillet et août étaient des mois de vacances. Le plus essentiel était d'abord de réussir un bon parcours sportif avec les équipes nationales. On y est arrivé à Geelong, même si on n'a rien gagné. Notre tactique, celle d'attaquer avec Gilbert, était la bonne. Du côté du VTT, le travail de Merihaeghe commence à porter ses fruits chez les juniors. Et sur la piste, on a obtenu de splendides résultats.

Vous avez aussi d'autres idées à réaliser.

Mon grand challenge, c'est d'améliorer la communication avec les deux ailes et de moderniser la structure et le travail de la fédération. On a d'ailleurs organisé un séminaire à Bruges avec les deux ailes et la coupole où on a discuté pendant deux jours de tous les aspects du travail, que cela soit celui de l'administration, ou de l'informatique. Je dois dire que ce fut positif. Entre-temps, j'ai entrepris un tour de Belgique avec les présidents des ailes, pour expliquer les rôles de chacun, y compris au niveau des sections provinciales. Il y a des suggestions, on est en train de faire une convention pour mettre sur papier comment travailler les dix années qui viennent. Sur le plan de la structure, on a repensé un peu les fonctions de la direction, en se fixant deux objectifs : le marketing et la recherche de nouvelles sources de revenus. Je m'occupe de moins en moins de la gestion quotidienne, qui a été reprise par Jos Smets. On donne aussi la chance à des jeunes éléments, qui ont pris plus de responsabilités. À côté de moi, il y a un coordinateur financier bilingue, qui joue aussi le rôle de conseiller.

Et les relations avec l'UCI?

Il y a quelques années, les fédés importantes, celles qui représentent 80 % du cyclisme, étaient en conflit avec l'UCI. Cela s'est calmé. Le World Tour a tenu compte de nos remarques, cela nous fait plaisir. Sur le plan humain, j'ai une très bonne relation avec Pat McQuaid, même si on n'a pas les mêmes points de vue sur certains dossiers. Je comprends que l'UCI veuille développer le cyclisme sur le plan mondial. Mais cela veut dire aussi qu'à un certain moment, la manière de gérer de l'UCI doit changer avec la mondialisation croissante. L'Europe devra être gérée par l'Union cycliste européenne. On peut aider dans cette direction.

Et l'affaire Contador?

Pour moi, c'est un cas dramatique. Cela ternit encore l'image du cyclisme. Sur le plan juridique, je n'ai pas à me prononcer, je ne connais pas le dossier. Mais je suis stupéfait dans la manière dont l'Espagne a traité celui-ci. Avec une influence ouverte des politiques et des juristes, c'est irresponsable.

C'est anormal qu'il y ait deux poids deux mesures dans les sanctions de la part de fédérations différentes. Chez nous, on a toujours jugé avec des juristes professionnels, indépendants de la fédé. Ils ont donné des suspensions très lourdes, à Meirhaeghe, Museeuw, Sentjens... Et pas à Keisse, j'ai trouvé cela normal. D'un autre côté, la lutte antidopage est de plus en plus efficace. Mais les nouvelles techniques de détection posent le problème des microdoses. C'est un problème pour l'UCI et l'AMA.

L'UCI a décidé de conserver les oreillettes sur les courses du World Tour, pas sur les autres. Votre avis?

Je pense que c'est le moment d'initier un débat de fond avec tous les acteurs concernés, organisateurs, équipes, coureurs, UCI, fédés nationales importantes. Utiliser les oreillettes sur certaines courses et non sur d'autres, je ne vois pas l'utilité. Je suis surtout très anxieux pour les courses dans notre pays sur les petites routes, avec le monde que cela draine en Belgique. On va avoir des accidents et cela me fait peur. Or, une course cycliste, c'est la sécurité avant tout. Si on veut rendre de la spontanéité à des coureurs dans la course, il faut trouver un compromis, un autre système.

Et cette équipe du WBCA?

C'est fantastique, c'est une chance inouïe d'avoir un moteur qui va amener des jeunes dans le cyclisme professionnel.