Des Quick Step très ambitieux

La formation de Patrick en veut plus... Reporters

L'équipe Quick Step se trouve à un tournant de son histoire. Le milliardaire tchèque Bakala lui insuffle un renouveau ambitieux.

Il est difficile d'établir des comparaisons entre les équipes cyclistes, alors que les choses sérieuses n'ont pas encore débuté. Mais, hier à Courtrai, il y avait indubitablement un air de déjà-vu, à l'occasion de la présentation officielle de l'équipe Quick Step. On fera, pour une fois, injure à Patrick Lefevere, le mentor de la formation de Tom Boonen. Lui aussi a trouvé un mécène, un milliardaire, pour assurer l'avenir de sa formation. Lui aussi a communiqué sur cet apport financier. Et lui aussi a pu ensuite engager de nombreux coureurs, douze exactement, à la suite de cette manne annoncée. Abandonnons maintenant le comparatif. Hier, contrairement au mécène de l'équipe Léopard, celui des Quick Step, Zdenek Bakala, était bel et bien présent. Et pour répondre aux questions des journalistes.

Le financier tchèque, aujourd'hui détenteur de la majorité des parts d'une nouvelle société (la Decolef Sarl, détenue par Bakala à 70 %, par Lefevere à 20 % et par Bessel Kok à 10 %) a expliqué les raisons qui l'ont poussé à devenir le principal bailleur de fonds de la formation de Patrick Lefevere.

«Mon amour du vélo date de ma jeunesse et des heures de gloire d'Eddy Merckx, a-t-il expliqué. C'est grâce à lui que je suis tombé amoureux de la course cycliste. Je suis devenu moi-même un vrai passionné de vélo.» Selon le Tchèque, les raisons de son engagement dans le sport cycliste sont doubles. «Il s'agit d'un investissement intéressant et je peux assouvir ma passion pour ce sport. Je crois dans l'avenir du cyclisme et dans l'équipe Quick Step, notamment en Belgique, où j'ai pu me rendre compte de l'engouement populaire autour du sport cycliste. Il y a un grand écart entre l'immense popularité du cyclisme professionnel et son potentiel commercial. Je suis heureux d'être en mesure d'apporter une modeste contribution à combler cette lacune. L'objectif est de hisser l'équipe parmi les cinq meilleures équipes du monde durant les cinq prochaines saisons.»

Merckx dans le conseil d'administration

Le ton est donné et les Quick Step se donnent les moyens de leurs ambitions. Faut-il aussi ajouter qu'Eddy Merckx en personne a intégré le conseil d'administration de la nouvelle société, laquelle ne cache pas qu'elle veut aussi (re) construire ce qui se faisait chez Mapei, à savoir une académie du cyclisme?

«C'est vrai qu'on va monter une structure autour des jeunes, expliquait Patrick Lefevere. Laissez-moi encore un mois pour annoncer tous les détails de notre projet. Mais c'est sûr que nous voulons attirer les jeunes talents avec cette nouvelle structure qui sera unique et surtout internationale. Cela demande des efforts financiers, mais je pense que le jeu en vaut la chandelle et nous sommes en train de monter un réseau de scouting pour repérer, en Belgique ou à l'étranger, les jeunes talents en devenir.» En attendant, les maillots sont toujours floqués aux noms des sponsors traditionnels et... fidèles, ce que ne remet nullement en cause Bakala.

«Il nous fait confiance, nous disait Patrick Lefevere. Il gère d'abord ses affaires à lui et le reste, c'est de mon ressort. On m'a nommé CEO de la société. Cela me donne carte blanche, et j'ai la confiance de nos nouveaux investisseurs. Je pense qu'on est sur le bon chemin, avec cette formation qui me semble plus forte que celle de l'an passé.» Lefevere n'a évidemment pas acheté des chats dans des sacs. Autour des inévitables Boonen et Chavanel, on notera les arrivées de Ciolek et du champion des Pays-Bas Niki Terpstra, les retours de Chicchi et de Steegmans, ou les acquisitions de garçons comme Bandiera ou De Maar. Enfin, l'équipe se défendra aussi sur la piste, avec un certain Iljo Keisse...