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ARNOLD COUCHARD

Une belle effervescence

Le public semble répondre en nombre à votre initiative. Ce n'est pas la première?Nous avons commencé en 2005 à la gare centrale. Pour cette fois, je suis content de pouvoir disposer du Paradise Café, rue du Manège. Ce local fait partie de l'histoire de la ville.Les participants sont de plus en plus nombreux. Est-ce à dire que les vocations augmentent ou que les auteurs s'extériorisent plus volontiers?Mon objectif avec ces rencontres est de mettre en valeur les auteurs de la région verviétoise, dont on parle trop peu.Et vous présentez cette année un poids lourd bien trop méconnu de la littérature de chez nous en la personne de Christian Beck?Voilà bien une figure de proue de la littérature française qu'il s'imposait impérativement de réhabiliter. Christian Beck a eu une vie extraordinaire. Cet écrivain est né le 4 janvier 1879, il était le neveu d'Eugène Mullendorf et son père était négociant en laine. Il a épousé une Piémontaise qui est morte à 26 ans de la tuberculose. Son père s'est remarié et Christian Beck a alors quitté la maison familiale à seize ans pour bourlinguer à travers l'Europe. À 17 ans et demi, il était responsable de deux rubriques au Mercure de France. Il fut aussi le précurseur de la NRF de Gallimard en créant en 1905 en Belgique la revue Anté. Comme le rappelle son arrière-petite-fille, qui est ici notre invitée d'honneur, il était un visionnaire et on lui doit l'initiative de la notion de francophonie.Justement, Béatrice Szapiro, son arrière-petite-fille, vient présenter une biographie de son ancêtre. Elle souhaiterait aussi voir la ville de Verviers baptiser une rue du nom de celui-ci. Qu'en pensez-vous?Il le mériterait et je pense d'ailleurs que l'échevin de la Culture Jean-François Istasse, ici présent, souscrit lui aussi pleinement à cette idée.Ce serait aussi faire honneur à quatre générations d'écrivains.Bien sûr, puisque sa fille, Beatrix Beck, a obtenu le prix Goncourt en 1952 avec son roman «Leon Morin, prêtre» repris ensuite au cinéma par Jean-Pierre Melville, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle principal. Mais à Verviers, nul ne semble au courant de l'envergure de cette dynastie littéraire.


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