AMAY-HUY TRIBUNAL CORRECTIONNEL

À chacun sa manière...

Jacques et Yvan ne se connaissent pas. Hier, ils étaient devant le tribu nal pour répondre, chacun l'un après l'autre, de faits de coups et blessures à leur femme. Leurs histoires sont différentes mais on ne peut s'empêcher de faire des parallèles, d'autant que les deux prévenus assurent seuls leur défense avec des succès différents. Le premier à passer, c'est Jacques. Cet Amaytois de 54 ans est prévenu d'avoir porté des coups à sa femme et de s'être rebellé contre les policiers quand ils sont venus le calmer. Sa tactique de défense n'est pas loin du "elle l'a bien cherché". Jacques s'exprime avec véhémence et n'hésite pas à apostropher la juge Hollart. «Oui je lui ai envoyé une tarte; je m'en excuse mais quoi, vous n'avez jamais dérapé vous?» Pourquoi ces gifles? Il ne s'en souvient même plus. Le prévenu reconnaît aussi la rébellion face aux agents mais il s'estime aussi victime. «J'ai toujours fait du bien pour les autres. Je vais encore participer à Noël Ensemble et on veut maintenant me condamner... » Le substitut Didier David requiert en effet à son encontre une peine de 60 h de travail ou, à défaut, 3 mois de prison. «Je ne comptais par m'acharner sur vous mais finalement je ne regrette pas de vous avoir convoqué au tribunal. Je suis outré par votre attitude à l'audience. Vous avez du mal à faire la part des choses». Jacques aurait mieux fait de se monter plus calme. Son comportement risque de lui coûter cher. Reste donc comme choix à la juge l'amende et/ou la peine de prison. Le prévenu croit encore bon d'ajouter en quittant la salle : «Et je ne veux pas que tout ça soit relaté dans les journaux».

«J'étais une personne extrèmement violente»

L'autre prévenu, c'est Yvan. Lui aussi il a frappé sur sa femme. Pas deux petites gifles mais bien des coups plus violents devant la clinique du Mont-Falise. Mais contrairement à l'autre individu, il semble avoir pris conscience du mal qu'il a fait. Il reconnaît d'ailleurs tout, y compris le harcèlement à sa belle-soeur et à sa femme (ils vivent à nouveau ensemble). «Pour moi, le monde s'écroulait, j'essayais par tous les moyens de recoller les morceaux. C'est possible que j'ai été un peu violent verbalement...» Le procureur lui rappelle quand même des scènes de coups antérieures. L'homme ne se dérobe pas : «J'avoue que j'étais une personne extrêmement violente». La peine requise dès lors est de 4 mois avec sursis probatoire (suivre une formation de gestion à la violence) ce que le prévenu approuve. «C'est normal que je sois condamné pour ce que j'ai fait...»

«On voit bien qu'il ne prend pas les choses à la légère, il y a une amorce de remise en question», conclu le substitut du procureur du roi.J-L.T

Nos dernières videos