Justine: "Je ne veux pas me sentir pressée par le temps"

Justine: "Je ne veux pas me sentir pressée par le temps"

Belga

Même si son coude l'inquiète encore, Justine Henin se dit mieux préparée physiquement pour aborder une saison entière.

Quinze mille paires d'yeux pour applaudir nos deux championnes : le public du Sportpaleis d'Anvers a fait la fête hier soir à Kim Clijsters et Justine Henin. Une fête qu'il aurait probablement aimé un peu plus longue et plus intense. Car le spectacle fut de qualité assez moyenne. Mais il fallait s'y attendre.

Trois heures avant de monter sur le court, les deux joueuses, apparues côte à côte et tout sourire, sur le podium de la salle de presse, avaient rappelé qu'elles se trouvaient en pleine préparation de la saison 2011. L'une et l'autre ont livré leurs impressions et affirmer leur bonheur de retrouver le public belge.

Justine, êtes-vous capable de jouer sans retenue alors que votre blessure au coude n'est pas totalement guérie?Je ne suis pas à 100 %. Mais je me sens chanceuse et heureuse d'être là. En juillet et août, j'ai pensé que ça n'arriverait plus jamais, je n'en menais pas large. Aujourd'hui, je dois composer avec des hauts et des bas car je me considère toujours en revalidation. Néanmoins, je commence à jouer plus librement, même si au niveau du service, ce n'est pas encore ça. Je n'ai joué que quelques sets d'entraînement. Les deux dernières semaines ont été délicates. Si le ligament récupère bien, le reste a été enflammé. J'y vais donc petit à petit, en limitant les risques. Je ne veux pas me sentir pressée par le temps. Ce serait ridicule.

La blessure ne vous a toutefois pas empêchée de soigner la condition physique.C'est le côté positif. Et c'était une étape nécessaire, même si j'ai vécu des moments très durs depuis cet été. J'ai perdu beaucoup de confiance après cette chute et je commence enfin à sortir la tête hors de l'eau.

Vous partez dimanche pour la Chine, avant de rejoindre l'Australie. Appréhendez-vous un peu cette longue période loin de vos proches?Après quelques jours dans mon académie à Pékin, je vais me préparer sur une île. J'ai besoin de m'isoler à certaines périodes pour poursuivre ma préparation dans le calme. J'ai toujours été casanière, j'ai toujours eu du mal à quitter mes racines, mais je me sens aujourd'hui mieux armée pour faire face à cette situation. Je ne dis plus que j'ai vieilli, mais que j'ai mûri. Je sais maintenant que je veux encore jouer pendant un temps. Jouer, voyager, donner le max': l'envie est là, bien plus présente qu'il y a un an.

Dans nos colonnes, Carlos Rodriguez a affirmé que vous pourriez encore jouer trois ans. Vrai?Il ne faut pas toujours le croire (sourire). Non, je vous taquine, il n'a pas menti. Je pars d'abord sur un plan de deux années, et si les choses se passent bien, j'aurai probablement des ressources supplémentaires. Je préfère me fixer des étapes en 2011 et 2012 et, après les JO de Londres, il sera temps de faire le point. J'ai en tout cas retrouvé de la fraîcheur ces dernières semaines et contrairement à il y a un an, j'ai réappris à me faire mal à l'entraînement. J'en ai fini certains en larmes.

Quel regard portez-vous sur votre année 2010?Ça a été malgré tout une bonne année. Après Wimbledon, j'étais, je pense, dans les cinq premières à la Race. Mon seul regret est d'avoir, après l'Open d'Australie, toujours été en retard sur les objectifs. J'étais à chaque fois, dans le rouge par rapport aux échéances. D'ailleurs, j'avais déjà fait part de mon inquiétude à Carlos le soir de ma qualification pour la finale à Melbourne car je ne me sentais pas prête physiquement. Ça s'est vérifié. J'ai plein de défauts mais aussi une grande qualité : celle d'avoir la tête sur les épaules. Je n'avais pas pris conscience de la difficulté d'un retour sur le plan physique. Kim avait placé la barre très haut en remportant l'US Open (en 2009), ma finale à l'Open d'Australie était à la fois inespérée et miraculeuse. Les gens ont cru que tout était facile. C'est faux. Être régulière, constante, c'est difficile aujourd'hui dans le tennis féminin. Personne ne domine le circuit.

Place maintenant à 2011. Qu'en attendez-vous, en sachant que les années impaires vous sourient souvent plus que les paires?Je suis moins superstitieuse qu'avant! Il reste encore quelques semaines de préparation avant de reprendre en Australie. Le but, c'est de jeter les bases d'une saison complète, et non de 5 ou 6 mois. Au risque de me répéter, je me sens davantage prête qu'il y a un an sur le plan physique. Ce qui va m'aider aussi sur le plan psychologique. J'ai bien une idée d'où je veux aller mais il est trop tôt pour en parler, j'ai besoin d'avoir des repères dans les prochaines semaines. Notamment au niveau du coude. Après un début d'année chargé, on tirera un premier bilan en février.

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