Paul Lambert re connaît que même si les machines sont de plus en plus performantes, il n'en reste pas moins que le métier est usant. Pas étonnant dès lors qu'une fois les 58 ans atteints, les trois-quarts des ouvriers souhaitent prendre leur retraite : «C'est dommage, parce qu'ils ont une belle expérience, reconnaît Paul Lambert. C'est moi, leur patron, qui doit donner mon autorisation. Je n'ai jamais refusé de le faire. Cela ne sert à rien de garder quelqu'un contre son gré. Par contre, je leur dis qu'il y a des incitants pour ceux qui feraient l'effort de partir à 60 ans, comme par exemple une prime qui peut atteindre les 2000 euros par an et bien d'autres choses. J'ai pour l'instant la chance de pouvoir compter sur un ancien qui a travaillé sur une pompe à béton pendant toute sa carrière et qui a accepté de faire l'écolage d'un jeune. Et ça, ça n'a pas de prix.» La SA Lambert n'a jamais fait appel au travail intérimaire. Tout le monde se connaît. Le personnel vient de la région. Elle a créé un CTA (centre de transformation agréé), où tous les déchets sont recyclés : les plaques de béton sciées sur les autoroutes, les résidus de tarmac, etc. sont broyés et réutilisés dans les coffres des routes en guise d'empierrement. Tous les autres déchets sont triés. Ça fait une belle économie d'échelle quand on voit le coût du dépôt en décharge.

Actuellement, l'entreprise est à l'arrêt à cause des intempéries. Paul Lambert s'étonne de déjà voir de la neige : «Elle arrive de plus en plus tôt. Jusqu'il y a peu, on travaillait jusqu'à Noël. Cela fait la deuxième année où 80 % du personnel sont au chômage en novembre. La centrale est fermée. En 2010, on n'a rien pu faire en janvier et on est à l'arrêt depuis deux semaines. Ce n'est pas négligeable. » Il reste les employés au boulot, mais aussi des ouvriers occupés à un chantier d'enrochement des berges de l'Ourthe. Sans oublier les quatre mécanos de l'entreprise qui sont sur le pont en hiver pour réparer et entretenir le matériel roulant. Ph. C.

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