Hommage au passeur et pasteur Jean Arnolds

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Passage de frontières est le thème des animations mises en oeuvre à Plombières dans le cadre de l'action «Aux livres citoyens». E n marge des animations scolaires qui se dérouleront sur réservation à la Maison Pütz de Montzen, place Communale, du 11 au 30 octobre, on doit à la collaboration du PAC plombimontois, de la Bibliothèque de Plombières, du Centre d'Action Laïque et des Territoires de la Mémoire une exposition en hommage à Jean Arnolds. Cinq grands panneaux évoqueront la personnalité et l'action de ce héros. Il naît à Baelen le 7 mars 1904 et étudie au séminaire de Liège. Ordonné prêtre, il donne sa première messe le 19 juillet 1928. Professeur au Collège Patronné à Eupen, il exerce son ministère dès 1933 à la paroisse Saint-Nicolas. Il fait son service militaire en août 1939. Dès février 1940, il est versé au 1er Chasseur Ardennais comme brancardier infirmier. À ce titre, il participe à la «Campagne des 18 jours». À la capitulation, il se voit désigner à l'hôpital militaire de St-Amand, près de Gand. Il apprend à ce moment au départ de Goé l'annexion de sa commune. En 1940, il exerce son ministère à Montzen. Hostile au régime nazi, il devient rapidement un précieux chaînon dans le réseau des prisonniers de guerre évadés qui doivent franchir la frontière artificielle créée par l'occupant pour passer en Belgique vers la France. Arrêté par la Gestapo le 22 juin 1943, puis emprisonné à Aix, il est transféré à la Centrale de Brandenbourg à Berlin où il apprend en mai 1944 sa condamnation à mort. L'acte d'accusation rappelle que «le condamné a, comme vicaire à Montzen en 1941-42 et cela sans discontinuer, aidé les prisonniers de guerre français à poursuivre leur évasion en leur offrant asile à l'église et au presbytère, en leur fournissant de l'argent et en leur indiquant le chemin de la frontière» Ce fut au péril de sa vie et Jean Arnolds sera décapité à la hache à la fin du mois d'août 1944. Au moment où, en France, certains de ses protégés baignaient déjà dans l'enthousiasme de la libération, ainsi que le rappelle l'évadé Jean Sauvot dans son livre «L'évasion en direct par ceux qui l'ont vécue.»