En 1976, la Rotterdamse Kunststichting organisait une grande exposition sur Hergé. Joost Swarte, dessinateur et graphiste hollandais de réputation internationale, était l'un des participants. Il intitula sa contribution De Klare Lijn - La ligne claire, appellation désignant parfaitement les caractéristiques de l'art d'Hergé. La ligne claire définit un type de dessin au contour systématique, à l'aide d'un trait noir d'épaisseur relativement régulière. Mise en couleurs selon le procédé des aplats, sans ombrages ni dégradés, cette technique abolit au maximum l'utilisation de la hachure.

Si le trait est ordonné, le récit qui l'accompagne l'est tout autant : un début, un développement, une fin. Il s'agit bien d'une narration linéaire, servie par des décors aux accents les plus réalistes. Le genre trouve ses origines, en France, dans les productions de Benjamin Rabier (Gédéon, Mistigri...) et d'Alain Saint-Ogan (Zig et Puce), et aux États-Unis, chez Geo McManus (Bringin'Up Father - La Famille Illico) - trois des artistes dont Hergé ne cachait pas l'importance sur ses années de formation.

Quant à « l'école de la ligne claire », elle peut aligner des disciples aussi célèbres que Jacques Martin (Alix, Lefranc), Bob De Moor (tous deux, membres du Studio Hergé), Willy Vandersteen (Bob et Bobette), Joost Swarte, Ever Meulen, Ted Benoît, Yves Chaland, pour ne citer que les plus représentatifs.