Voyage dans un autre monde

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L'Autriche, « monde parfait » où la montagne révèle ses forêts et ses alpages, comme un mannequin ses atours lors d'un défilé. Sans défaut. Où l'école n'a pas encore (?) découvert les graffitis. Où les logements sociaux cultivent les rosiers où d'autres incendient les voitures. Où le chômage vient d'exploser en passant de 3,5 % à... 5 % ! Où l'on veut l'indépendance énergétique totale pour 2050. L'Autriche, c'est, entre autres, ça. Le land du Voralberg, le plus à l'ouest, cultive ces traits avec la constance du jardinier.

Depuis le milieu des années 1980, ce land a creusé son sillon dans le sol des économies d'énergie, de l'éco-construction et des énergies renouvelables.

Andréa Spöcker, Dr en architecture, guide lors du séjour, au verbe généreusement précis, explique : « Un projet suisse d'implantation d'une centrale nucléaire limitrophe a mobilisé l'Autriche. La centrale n'a pas vu le jour et l'Autriche s'est lancée dans l'énergie renouvelable. » C'était au milieu des années'70.

Le land de Voralberg est devenu une sorte de grand laboratoire où l'on a décidé d'intégrer toute la filière. Le secteur de la construction s'est structuré autour de ce concept. Mais aussi le politique. Ce dernier a joué et joue toujours son rôle de stimulateur. On ne jongle pas avec des primes « disparates », à la belge. Toute construction est soumise à un éco-pass avec ses critères, ses normes, ses primes et ses emprunts octroyés sans intérêt... pendant 10 ans. Évolutif.

Une politique qui se traduit dans les bâtiments privés et publics (mairies, écoles, logements sociaux). Soit on rénove à très grand frais soit on construit passif ou basse énergie. Rien qu'en rénovation, on atteint des chiffres, au m2, qui n'ont pas cours en Belgique pour le neuf ! On ne parlera pas du prix du neuf qui peut dépasser allégrement les 2000?/m2. Un autre monde. Seulement supportable grâce aux mesures fiscales.

À cela on peut ajouter une bonne dose de protectionnisme. Exemple : pour la construction de ce bâtiment public, il est impératif d'utiliser des essences de bois locaux. Résultat, à part les « artisans » locaux, impossible de proposer des prix compétitifs. C'est ça aussi l'Autriche. Mais cela s'inscrit dans une logique d'empreinte écologique.

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