FOOTBALL COUPE DU MONDE : PAYS-BAS 2 - DANEMARK 0

« C'est Elia qui a fait la différence »

« C'est Elia qui a fait la différence »

© Associated Press / Reporters

Guy François, ancien joueur du PSV, analyse le premier match des Hollandais au Mondial. Un succès difficile, mais c'est peut-être bon signe.

Guy François, que pensez-vous de cette entrée en matière des Pays-Bas ?Ça a été difficile, pénible. En première mi-temps, le Danemark a été plus dangereux. Il y a eu énormément de pertes de balle du côté hollandais. Il y avait beaucoup d'émotions, de stress.Finalement, c'est l'autogoal malheureux des Danois qui a orienté le match ?Ça a libéré un peu les Hollandais. Mais ce sont surtout les deux changements (NDLR : Elia et Afellay) qui ont fait du bien, notamment dans le jeu en profondeur.Elia a beaucoup apporté avec sa vivacité. Votre avis ?Oui. En vingt, vingt-cinq minutes, il a créé trois ou quatre actions décisives. C'est lui qui a fait la différence, avec sa technique, son explosivité, sa classe. Il faut dire aussi qu'il a profité du travail effectué avant sa montée au jeu par ses équipiers et donc de l'état de fatigue des Danois. S'il n'est pas dans le onze de base, c'est parce qu'il est encore tout jeune. Il manque d'expérience. Et par rapport à d'autres, il ne joue « qu'à » Hambourg.Au niveau de l'occupation du terrain, les Hollandais ont encore des réglages à effectuer ?L'entraîneur le sait très bien. Van Der Vaart à gauche, c'est un n° 10, comme Sneijder, qui est plus fort. Il n'apporte pas de profondeur. Le grand problème, c'est la blessure de Robben. Avec Elia à gauche et Robben à droite, tu as de nouveau une bonne équipe. Mais le coach ne les alignera pas tous les deux d'entrée de jeu, parce que ce serait trop risqué derrière. Il y aurait beaucoup d'espace.Au vu de leurs bons matches amicaux, les Hollandais n'étaient-ils pas un peu trop confiants ?Non. Rien à voir. Les Hollandais sont souvent hautains, c'est vrai. Mais cette fois, ce n'était pas le cas. Il y avait énormément de pression sur les joueurs, entraîneurs... Et ils ont eu difficile à gérer tout cela. D'ailleurs, il y a eu un soulagement énorme à la fin.D'habitude, les Pays-Bas entament très bien les grands tournois...Oui, en général, ils commencent en fanfare. Mais ils sont trop vite au top, pour les trois premiers matches et les huitièmes de finale, puis ils disparaissent. Cette fois-ci, ce sera peut-être mieux de gagner en ayant des difficultés pour commencer. Ils auront la possibilité de grandir, de monter en puissance.Un mot sur le match des Danois ?Ils ont joué avec Bendtner devant et dix gars derrière. À force de reculer, après, quand tu dois prendre l'initiative, tu ne sais plus tourner le bouton. Et on voit que c'est très faible.Depuis le début de ce Mondial, à chaque match, une équipe gagne sans sortir une grosse prestation, et l'autre ne montre pas grand-chose.C'est très décevant. Le premier match est déterminant pour la suite, donc il y a énormément de pression, de tension, et les équipes n'osent pas prendre de risques. À partir du deuxième match, beaucoup d'équipes seront obligées de gagner et à mon avis, on verra des matches un peu plus ouverts et un peu plus spectaculaires.L'Allemagne a tout de même fait forte impression.Avant, la force des Allemands, c'était les grands gabarits, une condition physique extraordinaire, la puissance, les qualités mentales. Mais il leur manquait une touche technique. Maintenant, avec les jeunes comme Muller, ils ont toujours leurs qualités physiques et mentales, mais on y ajoute de la technique et du foot. Tout cela, c'est grâce au travail en profondeur effectué par la fédération.

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