NAMUR

Chaque année, 200 artistes sur scène

Pour le public du Belvédère, rien ne change en décembre et en janvier : le programme annoncé sera respecté. En coulisses par contre et toutes choses restant égales par ailleurs il y aura du mouvement. Des préavis commenceront à courir. Les ambitions pour la suite de la programmation seront revues à la baisse. Bref, alors qu'il n'a jamais démérité, le navire Belvédère sera contraint à réduire la voilure.

La suppression de la subvention APE, c'est un fameux croc-en-jambe pour une institution namuroise (oui, déjà) qui maintenait joliment le cap. « Si ce n'était cette subvention qui ne tombe plus depuis septembre, on terminait cette année encore en équilibre budgétaire », note Jean-François Flamey, le coordinateur de l'endroit. « On est plutôt un bon élève, complète Manuel Dolhet, l'un des administrateurs. Les rapports de l'inspectrice de la Région wallonne ont toujours été très positifs. » Le budget annuel du Belvédère, ce n'est pas rien : environ 200 000 €. Dont 35 000 € de subvention APE de la Région wallonne et 25 000 € de subside récurrent de la Communauté française. Autre aide publique, en nature celle-ci : la Ville de Namur, qui met les locaux gracieusement à disposition jusqu'en 2011. Le reste, ce sont les recettes propres comme celles du bar et des entrées, rendues possibles par l'intervention de tous les bénévoles qui font vivre le Belvédère aux côtés des trois employés. Pour eux aussi, la nouvelle est difficile à avaler.

« À titre personnel, tout cela me laisse un goût plus qu'amer, indique Jean-François Flamey, qui a porté à bout de bras le projet du Belvédère depuis le début. Je sais les efforts consentis, les heures supplémentaires non comptabilisées par moi et par d'autres... En deux ans, nous avons programmé pas moins de 400 artistes. Des artistes émergents venus de Communauté française, de Flandre ou de l'étranger, des artistes en dehors du formatage de la culture. Je serais triste de voir le Belvédère disparaître. Pas juste pour mon job, mais aussi pour la vie culturelle namuroise. »