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The Pirate, court-métrage belge de James Cogels sélectionné aux Journeys Awards de Louis Vuitton, n'effraie pas Wong Kar Wai

The Pirate, court-métrage belge de James Cogels sélectionné aux Journeys Awards de Louis Vuitton, n'effraie pas Wong Kar Wai

Le tournage met en valeur Bruxelles, comme ici près du viaduc Hermann-Debroux.

Un court-métrage bruxellois est sélectionné parmi les finalistes d’un concours prestigieux organisé par le bagagiste Louis Vuitton. Rencontre avec son jeune auteur, James Cogels, avocat et cinéaste amateur.

Le Bruxellois James Cogels n’en revient pas. The Pirate, son très court métrage, fait partie des 15 réalisations sélectionnées pour la finale d’un concours organisé par Vuitton illustrant le thème du voyage. Et pas par n’importe qui puisque Wong Kar Wai et Sofia Coppola font partie du jury.

«Honnêtement, je ne sais pas s’ils ont vu le film, raconte ce jeune avocat. Mais bon voilà, ils appellent ça la «short list du jury» donc a priori, ils l’ont visionné.»

Mi-septembre, un ami surfant sur le web tombe sur le concours. Le sujet, la durée et quelques lignes de texte sont imposés. Le reste est libre. Il en touche deux mots à James et celui-ci écrit quelques lignes de scénario le lendemain. «Je m’ennuyais». C’est l’histoire d’un voyage à travers la vie, d’un gamin qui joue au pirate. «L’idée de base, ce sont mes chaussettes avec le Jolly Rogers, le pavillon pirate.» Mais le projet s’endort pendant un mois.

«On s’est décidé un jour vers la mi-octobre. Il faisait beau et on a tourné pendant deux jours. Il fallait se dépêcher car les envois vers la plateforme du concours étaient clôturés le 30 octobre. On était quatre amis. On avait toujours voulu faire quelque chose ensemble. L’un de nous est réalisateur, et voilà. C’est le groupe Femme Fatale qui a recomposé un morceau en bande-son. Et puis, le casting est familial: mon père, mes amis et moi-même jouons dedans…»

Tous les lieux du film sont bruxellois. Les cités-jardins de Boitsfort ou l’autoroute vers le carrefour Léonard à Auderghem donnent au clip ce ton belgo-belge home-made qui le différencie nettement des autres concurrents, dont trois Européens seulement. «Ils sont sud-africains, Coréens, Américains ou Chinois, alors forcément, les paysages éclatants, les déserts et les océans, filmés contemplativement, reviennent beaucoup. C’est ce qui nous joue en notre faveur: on est plus narratifs. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, exotiques. Ben oui: à Taïwan, ont-ils déjà vu une Deux-chevaux?»

Et voilà que vous pouvez voter pour The Pirate sur le site de Vuitton, en vue du Prix du Public. Alors que le projet devait être la première aventure de ces lascars, «le premier truc qu’on essaye et qui plante à tous les coups»… Joli voyage. Une distinction inespérée qui donne des idées? «Non, on est tous au bureau, sauf le réalisateur. Je ne compte d’ailleurs pas quitter mon métier d’avocat si je remporte le concours.»

Mais James Cogels ne quittera pas non plus, c’est sûr, ses chaussettes de pirate planquées sous ses complets-vestons.

GED


Le concours Journeys Awards en bref

  • Organisation : Louis Vuitton
  • Thème : le voyage
  • Contraintes : film de création, de moins de 2 minutes, qui comprend les 10 phrases imposées. Obligation, c’est facile à dire, d’être créatif et original.
  • Prix :
    • le prix du jury, qui tient compte de la créativité et de l’aisance technique
    • le prix du public, obtenu par les votes des internautes. Vous avez jusqu’au 14 décembre pour voter pour The Pirate de James Cogels sur le site du concours.
    • chaque prix remporte 25.000$ et une exposition en ligne et dans les boutiques Vuitton. Les droits sur les images des vainqueurs seront cependant cédés à 100% à Louis Vuitton. «Je suis avocat, j’y ai été attentif», rigole James Cogels.