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Qui est Bernadette Wynants, l'écolo nouvelle présidente de la RTBF?

Qui est Bernadette Wynants, l'écolo nouvelle présidente de la RTBF?

La fiction coûte plus cher que la F1, mais ce n'est pas une raison pour l'abandonner.

Installée officiellement depuis hier, Bernadette Wynants va assumer la première présidence Écolo de la RTBF.

Elle arrive en pleine tempête à la tête d'un nouveau Conseil d'administration. Un C.A. qui s'est plutôt fait attendre et au sommet d'une institution qui s'apprête à traverser un nouveau plan d'austérité : 110 emplois à supprimer (pour un effectif global réduit à 2060 agents) et une dotation gelée pour trois ans (soit 24 millions d'€ d'économies exigées). C'est la crise aussi à la RTBF et la nouvelle présidente en est parfaitement consciente.

Bernadette Wynants que représente dans votre parcours personnel cette arrivée à la Présidence de la RTBF ?D'abord, je viens de l'enseignement, ensuite la culture et l'audiovisuel sont depuis toujours mes matières de prédilection. Pour moi, tout ça est lié. L'impact de l'audiovisuel est énorme sur la formation des gens. Je crois aussi à la RTBF en tant que service public. Dans un monde de concurrence de plus en plus agressif, disposer d'une télé de service public reste un atout essentiel pour faire des choses différentes et éduquer.

Vous présidez un conseil d'administration dont chaque membre représente un parti. Ne faudrait-il pas l'élargir à des gens moins clairement « politisés », venant par exemple du monde associatif ou culturel ?C'est une bonne question, mais moi, en tant que Présidente du Conseil d'administration, il ne m'appartient pas de la faire avancer. Une modification du mode de composition du C.A. relève du Parlement. Mais il est vrai qu'à Écolo nous avons souvent discuté du problème. D'autant que dans les télés locales, c'est 50 % de politiques, 50 % d'autres. Cela dit, certains partis soulignent que les administrateurs proposés sont en lien avec les milieux professionnels. Par ailleurs, c'est très réglementé : on ne peut pas être membre du C.A. de la RTBF et travailler dans un cabinet ministériel, par exemple. Ou être aussi député.

La RTBF entame une période d'austérité et il est question d'introduire des coupures publicitaires dans les fictions. Une présidente Écolo va laisser passer ça ?D'abord, nous ne sommes que deux Écolo au C.A. Donc, en tant que présidente, je ne peux pas être juste Écolo, je dois faire le consensus. Concernant les coupures de films, c'est le Parlement qui doit débattre et décider. Selon moi, le texte du décret est déjà prêt chez la ministre Laanan. C'est dur à avaler pour les Écolo, mais la mesure devrait en principe être transitoire et ne durer que jusqu'en 2012, durant les 3 années durant lesquelles la dotation de la RTBF va être gelée. En outre, elle ne s'appliquerait qu'aux blockbusters, les films conçus pour être coupés par de la pub. On ne coupera pas un film d'auteur.

Vous devrez faire consensus, mais il y a quand même une sensibilité verte qui va traverser votre présidence...Oui, et je tiens à ce qu'elle s'exprime dans la protection de l'autonomie et l'indépendance de l'information. Cela reste un combat de tous les instants à la RTBF, même s'il faut admettre que les choses ont évolué favorablement ces dernières années et que la hiérarchie est moins clairement politisée qu'autrefois.

Une présidente écolo ne trouve-t-elle pas qu'il manque un magazine de consommation pur et dur à la RTBF ?Je regrette un magazine comme Autant savoir, même s'il ne sert à rien de ressusciter des programmes disparus. Les problèmes de consommations trouent leur place à gauche et à droite et notamment sont souvent au menu de Questions à la Une . Il faut reconnaître aussi que la qualité de l'environnement a trouvé droit de cité dans les programmes, notamment avec Planète Nature . Et que ce genre d'initiative est venue spontanément du personnel de la RTBF.