Racisme: le "J'accuse" d'Alain Destexhe (MR) à l'endroit du président du MRAX, Radouane Bouhlal

Racisme: le "J'accuse" d'Alain Destexhe (MR) à l'endroit du président du MRAX, Radouane Bouhlal

Destexhe n'y va pas par quatre chemins. (photo EdA - Jacques Duchateau)

Alain Destexhe s'en prend publiquement au président du MRAX (Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie), Radouane Bouhlal. Le sénateur de Communauté MR l'accuse de tenir un discours raciste anti-blanc.

Destxhe demande aux pouvoirs subsidiants de stopper le financement de l'association qu'il juge communautariste et peu transparente, et dont le président porte, selon lui, à controverse.

Alain Destexhe exige un "stop au financement public des liaisons dangereuses de Radouane Bouhlal", estimant inacceptable que ce dernier ait fait du MRAX un mouvement "communautariste", qu'il s'entoure lui-même de personnalités faisant "l'apologie du Hamas" et qu'il se laisse à aller à des déclarations stigmatisant les "visages pâles".

A cet égard, Destexhe n'y va pas par quatre chemins. "Je l'accuse de racisme", a-t-il indiqué.

Le parlementaire réformateur dit constater que le MRAX ou son président, qu'il estime avares en réactions lorsqu'il s'agit de condamner des actes antisémites, se confondent en considérations suspectes depuis 2005, s'en prenant tantôt au "privilège blanc", à une "clique d'universitaires blancs" ou aux "visages pâles".

"Minimisation" de Laanan

Le cheval de bataille du MRAX est devenu la lutte contre l'islamophobie, "un concept qui n'existe pas, qui a été inventé par les mollahs iranien lors de la révolution", souligne Destexhe. "Toute religion est critiquable, le racisme, c'est s'en prendre aux Arabes ou aux Juifs".

La ministre Fadila Laanan a demandé à l'administration de la Communauté française de mener une enquête après des interpellations faisant état de dysfonctionnements au sein de l'asbl. "Mais une enquête administrative ne suffira pas", réagit Destexhe, choqué par la "minimisation" qu'a faite la ministre quant au discours tenu par un dirigeant du MRAX.

Fin octobre, le sénateur MR avait déjà réclamé la suspension du financement public du MRAX.

Nouvel arrêt de travail au MRAX

Cette sortie d'Alain Destexhe intervient alors que le climat social au sein du MRAX n'est toujours pas au beau fixe. Le front commun syndical SETCa-CNE annonçait ce matin que les travailleurs de l'asbl "observeront une nouvelle fois un arrêt de travail d'une heure ce vendredi à 11h, au moment de la visite de l'inspection de la Communauté française".
"Les travailleurs ont choisi d'organiser un arrêt de travail à ce moment précis afin de dénoncer les pressions exercées par le conseil d'administration sur certains travailleurs du MRAX en utilisant comme menace tacite la venue de cette inspection", précise la délégation syndicale.
Par cette action, les travailleurs souhaitent aussi "exprimer leur désarroi face à l'annonce au début du mois du licenciement pour faute grave du directeur du MRAX Didier de Laveleye qui s'était exprimé en soutien à un précédent arrêt de travail, organisé le 23 octobre, pour dénoncer des dysfonctionnements graves et qui est aujourd'hui accusé à tort d'orchestrer les actions syndicales". "Cet écartement soudain, peu de temps avant l'arrivée de l'inspection de la Communauté française, ne nous rassure guère. Pire, il nous conforte dans l'idée que la politique de licenciement appliquée par le conseil d'administration reste une manière favorite pour résoudre 'les problèmes internes' au MRAX", affirme la délégation syndicale.
Depuis l'accession de Radouane Bouhlal à la présidence du MRAX en 2004, l'asbl a déjà connu plusieurs mouvements de contestation en son sein qui dénonçaient, notamment, la gestion abusive des ressources humaines.

Avec Belga