Pas de Mondial 2018 pour Charleroi

Ingrid Colicis est formelle: l'accueil du Mondial 2018 est impayable pour Charleroi! (photo Reporters)

Charleroi souhaitait accueillir le Mondial 2018. Après examen du contrat de la FIFA, l'échevine Colicis estime que c'est impayable.

Le bourgmestre Jean-Jacques Viseur l'a officiellement confirmé : Charleroi est candidate à l'accueil de la Coupe du monde de football 2018. Mais après examen approfondi du contratgénéral de stade qu'impose la FIFA à ses partenaires, l'échevine caralo des Sports Ingrid Colicis est formelle : irréaliste et trop cher.

« Mes remarques ne concernent même pas le volet "financement de la construction" qui est déjà tout un débat en soi, mais bien les énormes implications budgétaires pour la Ville, avant, pendant, et après 2018 ! », écrit Ingrid Colicis dans une note confidentielle aux membres du collège dont nous avons pu prendre connaissance.

En gros, toutes les charges sont au compte de la Ville. Et elles sont colossales. Amélioration ou transformation de l'infrastructure pendant la durée des compétitions : l'obligation est à charge de la Ville. Qui ne doit pas espérer recevoir de compensation, indique le contrat. « À tout moment, y compris à la veille de la compétition, la FIFA et le comité organisateur national peuvent lui demander des modifications, ajouts ou enlèvement d'équipements mais aussi d'infrastructures ! » souligne Ingrid Colicis qui y voit un risque budgétaire et organisationnel.

Sport pour tous d'abord

Les règles du jeu peuvent donc changer à tout moment. Comme les exigences de la FIFA, qui impose un minimum de 40 000 places pour les matches des premiers et seconds tours. L'échevine note qu'il faut y ajouter de la capacité pour la presse et les VIP, ce qui portera le volume des tribunes à 45 000 places.

Elle indique que la Ville doit prendre en mains toute la gestion de l'événement au niveau local, et en supporter le coût. Assurances, taxes et frais à sa charge : en clair, le risque financier est énorme. À la mesure du risque juridique et politique. Approuver ce contrat de stade, c'est signer un chèque en blanc de plusieurs dizaines de millions € en termes d'organisation.

Pour elle, la Ville n'en a pas les moyens. L'échevine écarte donc le projet. « Si l'accueil du Mondial est le rêve de tous les échevins des Sports, ce n'est pas le mien. L'Euro 2000, c'était un autre temps et un autre fonctionnement. Je préfère réussir un "Charleroi, ville des sports pour tous". En me concentrant sur les besoins de base, les besoins essentiels de la population sportive (et future sportive) carolo. » Courageux. On attend les réactions de ses pairs.