DECES DE VANDENBROUCKE

Fabio Polazzi: "Frank n'aurait pas voulu que j'arrête"

Fabio Polazzi: "Frank n'aurait pas voulu que j'arrête"

Rentré en Belgique, le jeune coureur brabançon a évoqué la lourde peine ressentie depuis la tragique disparition de son ami Frank Vandenbroucke.

Onze ans s éparaient Frank Vandenbroucke et Fabio Polazzi. Mais les deux coureurs ont partagé une amitié profonde cette année, débutée dans la douceur de l'hiver italien, au moment de la signature d'un contrat pro dans l'équipe Cinelli, et terminée brutalement lundi dernier, avec la mort de VDB, au Sénégal, où les deux hommes passaient leurs vacances ensemble. « On était effectivement très proches, explique Fabio Polazzi, d'une voix encore marquée par la peine causée par le décès de son ami. On se téléphonait bien une heure par jour. Dès notre première rencontre, le courant est directement bien passé entre nous. J'ai ensuite fait des stages en Espagne avec Frank, avant de nous voir de plus en plus, une fois par semaine, mangeant chez l'un et chez l'autre. On ne parlait pas que de vélo, même s'il avait bien évidemment une énorme connaissance dans ce domaine et pas mal de choses à m'apprendre. Mais on discutait de tout et de rien. Frank avait une grande culture sportive, mais on parlait aussi films, musiques et de choses de la vie privée. Il me racontait comment il allait et, quand il aimait bien une fille, il appréciait de m'en parler. » Tantôt en français, tantôt en italien, langue que VDB adorait et que Polazzi maîtrise de par ses origines transalpines. « Frank me donnait également beaucoup de conseils en course, il m'apprenait à courir plus devant et m'engueulait même souvent, trouvant que j'étais trop nerveux, que j'attaquais trop », raconte encore ce coureur de 24 ans, un des meilleurs représentants wallons ces dernières saisons dans l'antichambre de l'élite et membre de la continentale Lotto-Bodysol-PCW, où il a dû retourner quand l'équipe Cinelli lui a appris qu'elle n'avait pas le budget pour lui offrir un contrat pro. Une mésaventure qu'a également connue Vandenbroucke.

« C'est Frank qui m'avait proposé d'aller au Sénégal, pays dont il m'avait vanté les mérites, notamment ses très belles plages, poursuit le Brabançon, domicilié à Haren. Avant qu'on ne m'annonce son décès. Cela a été très dur à vivre, et cela l'est toujours aujourd'hui. C'est la période la plus difficile de ma vie, même si cela fait du bien d'être rentré en Belgique depuis samedi, près de mes proches. Au Sénégal, tout seul après le décès de Frank, c'était vraiment pénible, surtout la journée et la nuit que j'ai dû passer au commissariat. Les idées noires y étaient nombreuses. Aujourd'hui, je pense beaucoup à Frank, qui était d'une grande gentillesse, mais aussi à sa famille, et en particulier à sa maman, qui est quelqu'un de très bien. » S'il est actuellement à mille lieues de penser à la prochaine saison, Fabio Polazzi, qui hésitait à poursuivre ces derniers jours sa carrière, envisage de continuer. « Frank n'aurait pas aimé que j'arrête comme cela », termine-t-il.