À bientôt 30 ans, Oleg Iachtchouk vit une seconde jeunesse au Cercle de Bruges. L'Ukrainien joue, marque et n'est plus blessé.

Quand il a quitté Anderlecht, durant l'été 2006, on pensait qu'Oleg Iachtchouk allait être définitivement largué sur une voie de garage. Mais, un an plus tard, l'Ukrainien brille au Cercle de Bruges après s'être refait une santé en Crête, à Ergotelis.

Oleg Iachtchouk, comment expliquez-vous votre métamorphose? En douze ans de carrière, vous avez passé un total de près de quatre saisons sur la touche. Aujourd'hui, vous venez d'inscrire quatre buts en quatre rencontres avec le Cercle...

La saison dernière, en Grèce, j'ai pratiquement joué tous les matches. Je n'ai pas d'explication rationnelle. Durant la préparation avec le Cercle, j'ai été légèrement blessé à la cheville, ce qui m'a fait louper le match d'ouverture à Genk. J'ai eu peur que la poisse revienne. Mais, depuis, je me porte à merveille.

Pensez-vous encore souvent aux dix années passées à Anderlecht?

Oui, bien sûr. Il me restera toujours une certaine frustration de n'avoir pas pu donner plus aux supporters et à la direction qui a quand même renouvelé mon contrat à trois reprises. Je garde malgré tout de bons souvenirs. J'ai côtoyé du beau monde, dont six entraîneurs (Vandereycken, Haan, Dockx, Anthuenis, Broos, Vercauteren...).

Vous en voulez à Frankie Vercauteren de ne pas avoir demandé la prolongation de votre contrat au parc Astrid?

Pas du tout! Vercauteren ne m'a pas fait jouer beaucoup, mais je n'ai jamais eu de problème avec lui. J'aurai 30 ans le 26octobre prochain. J'ai mûri. J'ai compris que pour la direction et l'entraîneur, il ne devait pas être facile de gérer un joueur très souvent blessé.

Vous avez subi pas moins de cinq opérations...

Oui, dont quatre étaient liées à mes problèmes aux adducteurs. Je sais que j'aurais sans doute fait une plus grande carrière si j'avais été épargné par la poisse (NDLR: En Ukraine, Iachtchouk était un grand espoir, au même titre que Shevchenko, son copain d'enfance). Mais il ne sert à rien de regarder en arrière. Je suis vraiment heureux. J'ai l'impression d'être retombé en enfance, quand le football était un jeu et qu'aucun pépin physique ne venait m'empoisonner l'existence.

Sans vos deux filles, vous seriez toujours en Grèce à l'heure actuelle?

C'est une certitude! Mais il n'y avait malheureusement pas d'école pour Adeline et Lorine (4 et 7 ans). Le temps est venu de penser à la famille (NDLR: Iachtchouk est le beau-fils de Jean-Claude Collignon, responsable administratif de Neerpede). Si j'avais été seul, je serais aussi allé jouer en Russie pour mettre un bon paquet d'argent de côté. Cet été, j'étais également sur le point de signer à De Graafschap.

C'est le moment qu'a choisi Glen De Boeck pour vous téléphoner...

Sans lui, je ne serais pas au Cercle aujourd'hui. Mais je ne regrette rien. Glen me connaît d'Anderlecht et il me laisse me gérer.

Vous avez un contrat de deux ans au Cercle. Et après?

Ne me parlez pas de fin de carrière! Toutes les années où j'étais blessé, je veux les récupérer. Qui sait? Je jouerai peut-être cinq ans en plus qu'un footballeur professionnel normal.