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Prolonger le nucléaire: "Un combat d'arrière-garde", dit Anne Demelenne

Prolonger le nucléaire: "Un combat d'arrière-garde", dit Anne Demelenne

"Il y a aussi un problème de sécurité", dit Anne Demelenne. (photo Belga)

INTERVIEW | Prolonger le nucléaire de 10 ans, "c'est un combat d'arrière-garde", soutient la FGTB. Quels sont les arguments du syndicat socialiste?

Comme on le sait, le ministre PS Paul Magnette a lâché sa (petite) bombe jeudi dernier, à propos de la prolongation du nucléaire jusqu'en 2025. La FGTB a aussitôt réagi : pas d'accord ! La secrétaire générale du syndicat socialiste s'explique.

Anne Demelenne, ce qui vous dérange, c'est qu'il n'y a pas eu de vrai débat à propos de cette prolongation?
Si, il y a eu un débat. Mais pas sur le rapport final du Gemix (qui a permis à Magnette de balancer en faveur d'une prolongation, NDLR). Il y a quand même un souci.

Vous soulignez que la décision est prise sans consultation parce qu'il « faut combler le déficit budgétaire... »
Il se fait que ce rapport tombe justement maintenant, à quelques jours d'un conclave budgétaire et ça suscite une interrogation chez nous. On ne peut pas ne pas se poser des questions.

L'énergie nucléaire proprement dite, vous êtes contre?
Le nucléaire n'est pas une énergie durable. C'est une énergie de transition. Je pense qu'il faut tenir le timing du démantèlement tel qu'il était prévu (2015) parce qu'il y a aussi un problème de sécurité. Doel, par exemple, est préoccupant, tant pour la population que pour les travailleurs. Je pense aussi aux sous-traitants et aux conditions dans lesquelles ils sont parfois amenés à travailler. Quant aux déchets, le démantèlement était une belle occasion.

Une occasion?
D'acquérir un savoir-faire. Il y a quelques années, la Belgique était au top. Mais beaucoup d'ingénieurs sont partis à l'étranger. Ici, au travers du démantèlement, on pourrait réacquérir ce savoir-faire. Et quand on pense au nombre de centrales à démanteler dans le monde entier, c'est non seulement du savoir-faire qu'on développe mais c'est aussi de l'emploi qu'on crée.

À propos d'emplois, vous soutenez que la rente nucléaire doit être consacrée en priorité à l'essor des énergies renouvelables, qui ouvre des perspectives en terme de créations d'emplois. Mais le nucléaire, c'est aussi des emplois.
Oui, mais il y a moyen d'en créer de nouveaux. Comme le nucléaire est une énergie de transition, il faut investir, oui, mais dans la sortie du nucléaire. Le nucléaire rencontre 9 % des besoins énergétiques en Belgique. On ne va pas me dire que la fermeture des centrales va nous poser un problème d'approvisionnement... Dans le rapport Gemix, un expert sur les 8 s'est prononcé en faveur du démantèlement. C'est notre position depuis des années. Tout comme le juste retour de l'argent ponctionné par le groupe Suez sur le dos des Belges.

Vous parlez aussi de transparence. On en manque dans ce dossier?
Oui, c'est dans tout le dossier de la Pax Electrica que nous aimerions la clarté, la plus grande transparence. On n'a pas toujours tous les chiffres.

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