Venus et Serena, jamais sans ma soeur...

Venus et Serena, jamais sans ma soeur...

(photo Reuters)

Franchement, qui attendait le retour des Williams à un niveau pareil? Pas nous. C'est toute l'histoire d'une famille peu ordinaire.

+ Justine-Serena, c'est le tennis clasico !

Entre le quartier défavorisé de Compton à Los Angeles où elles sont nées, livré à la guerre des gangs, et la fabuleuse propriété de Floride, au nord de Palm Beach, où elles résident aujourd'hui, il y a toute l'histoire d'une famille, d'une carrière. Même si elles ne sont pas, sexuellement, seules dans la vie (sujet à propos duquel Serena se veut on ne peut plus discrète), les soeurs Williams vivent l'une près de l'autre, occupant chacune une aile de leur luxueuse villa non loin du home sweet home de Tiger Woods ou du couple Catherine Zeta Jones-Michael Douglas. Leur père Richard habite à 15 minutes à peine. Mais c'est leur mère, Oracene Price, dont il est divorcé, qui leur sert de coach à présent.

Le conte de fée veut que lorsque Richard Williams apprit combien on pouvait gagner en jouant au tennis, il décida de mettre deux filles «en chantier», et d'en faire des championnes. Ainsi sont nées Venus et Serena, alors que trois soeurs, Yetunde, Isha et Lyndrea, vivaient déjà sous le même toit. Les donzelle disent n'avoir toujours fait qu'une «comme les cinq doigts de la main». C'est pourquoi la disparition de Yetunde, victime involontaire d'un règlement de compte entre gangs les soeurs furent un moment protégées par les Bloods contre les Crips , provoqua un véritable séisme émotionnel dans le clan et fut pour beaucoup, au moins autant que ses intérêts autres que le tennis ou les blessures physiques, dans sa longue absence des courts. On ajoutera le divorce de ses parents qu'elle n'a pas digéré facilement.

Serena se dit timide, derrière ses attitudes provocatrices. Elle a moins vécu que ses soeurs dans la misère des ghettos de L.A. Venus y aurait attendu l'âge de 12 ans avant de prendre une vraie douche, croyant d'ailleurs qu'il s'agissait d'une nouveauté sur le marché. En tout temps, Serena fut protégée par sa soeur et complice, jusqu'à se passer de repas à l'école pour que la cadette puisse manger quand l'argent manquait. «C'est pourquoi il m'a été si difficile de la battre au tennis, la première fois du moins.»

Car, bien sûr, les deux filles firent vite fureur sur les courts pour jeunes, on connaît la suite: une nouvelle ère ouverte pour le tennis féminin, toute en puissance, en même temps qu'une avancée raciale non négligeable pour la communauté noire, dont elles portent symboliquement les valeurs. Aujourd'hui, à l'occasion de ce retour à un niveau physique et performant inattendu, c'est moins «les Williams contre le monde entier». «Je me sens plus mûre, plus gentille, plus ouverte», affirme Serena un peu à la manière de... Justine. Fervente témoin de Jéhovah, elle lit la Bible et dit même faire du porte-à-porte de temps en temps. Imaginez la tête de la mère de famille qui vient lui ouvrir...

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