BRUXELLES

Maintien du préavis de grève à la police de Bruxelles-Ouest

Maintien du préavis de grève à la police de Bruxelles-Ouest

(photo EdA)

Le Front commun syndical, qui avait déposé en date du 19 août un préavis de grève à la police de la zone de Bruxelles-Ouest (Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren, Jette, Koekelberg et Molenbeek-Saint-Jean), a décidé mercredi, lors du Comité de négociation des services de police, de maintenir son préavis.

Les syndicats de la CGSP, de la CSC, du SNPS et du SLFP, considèrent que les autorités locales ont décidé d'imposer un plan drastique d'économies budgétaires sans précédent, et sans réelle concertation avec les syndicats représentatifs, aux services de police en s'attaquant aux acquis statutaires. Le Front commun estime que le pouvoir politique a mené la zone de police de Bruxelles-Ouest au bord de la faillite.

Une action des syndicats est annoncée pour le prochain conseil de police qui se tiendra le 8 septembre.

Après avoir clôturé ses comptes 2008 en juin dernier, la police de la zone de Bruxelles-Ouest a constaté que ces derniers étaient légèrement dans le rouge. Des experts financiers ont dressé une extrapolation pour les chiffres du budget 2009 et ont évalué le prochain déficit de la zone de police à 3,4 millions d'euros si aucune mesure n'est prise entre-temps. Il revient à la police de Bruxelles-Ouest d'économiser environ un million d'euros, le reste devant être pris en charge par les cinq communes bruxelloises.

Le chef de corps, Johan De Becker, a présenté au Collège de police un plan d'assainissement reprenant une dizaine de mesures d'économie. Ce plan a été rejeté par les syndicats qui ont rencontré à quatre reprises la direction de la police.

Aucune de ces mesures ne met en péril le fonctionnement de la zone, assure le porte-parole de la police de Bruxelles-Ouest. Il est prévu notamment de réduire les prestations durant le week-end et de limiter au maximum le coût lié aux heures supplémentaires. Un budget a été réservé pour les situations imprévues. Le service d'intervention, qui est opérationnel 24h/24, ne sera pas touché par ces mesures, précise la police locale. La question du gel du recrutement n'a pas encore été tranchée mais les départs ne seront pas remplacés.

La direction dit rester ouverte au dialogue tout en précisant, que faute d'accord avec les syndicats, elle se verra contrainte de prendre ses responsabilités en appliquant certaines mesures dès le mois de septembre.

La zone de Bruxelles-Ouest est actuellement en sous-effectif de 82 policiers. Pour les syndicats, les différentes mesures présentées par le chef de corps ne feront qu'aggraver cette situation.

"La suppression des heures supplémentaires ne fera que creuser le déficit en personnel. Ces mesures sont impossibles à mettre en pratique et sont dangereuses tant pour la sécurité du personnel que celle de la population. Ce n'est pas aux policiers, à qui on veut retirer des avantages statutaires, à payer la facture", a réagi Alain Ysebaert, du SLFP-Police.

Tant la zone de police de Bruxelles-Ouest, qui est la première des zones bruxelloises à avoir clôturé ses comptes 2008, que les syndicats, estiment que d'autres zones bruxelloises connaîtront des problèmes budgétaires.

"La zone de Bruxelles-Ouest ne fait qu'ouvrir le bal. D'autres zones, comme celle de Bruxelles-Ixelles, sont au bord du gouffre.

Quand il n'a plus les moyens de sa politique, la législateur doit pouvoir rationaliser et faire des économies", a conclu Alain Ysebaert qui prône le regroupement des six zones bruxelloises.


Nos dernières videos