« Finir avec une note d'émotion »

Francis Geron, programmateur de FiestaCity, nous dévoile ses recettes, ses surprises et ses regrets, à deux jours du festival.

Benjamin HERMANN Francis Geron, vous qui êtes programmateur de FiestaCity, comment qualifieriez-vous l'affiche du week-end ?Égale à celle des autres années, avec beaucoup de choses différentes. J'ai tenu à ce que le week-end se termine sur une note de nostalgie et d'émotion, avec Scala et la musique de Pierre Rapsat. J'aime l'idée qu'on clôture FiestaCity tout en douceur. Nous l'avions fait avec Pierre Perret ou Georges Moustaki. On ne peut pas dire que ces artistes mettent le feu. Mais les gens ont toujours été attentifs aux concerts et je suis sûr que ce sera encore le cas avec Scala. Sinon, je trouve très bizarre que personne ne me parle de Chico & les Gypsies (ex Gipsy Kings, NDLR). C'est au minimum l'une des grosses têtes d'affiche. Mais les gens n'ont pas l'air de le remarquer. Pourtant, c'est mondialement connu. Il y a peut-être une confusion parce qu'ils ne jouent pas en dernier. Mais je me voyais mal programmer Rapsat, avec beaucoup d'émotion, et enchaîner avec Chico & les Gypsies, qui mettront le feu. On a eu une petite confusion avec les concerts de Slade et Soldout aussi. Comme Soldout était à droite de Slade sur l'affiche, tout le monde pensait que le concert de Slade était sold-out (complet, NDLR). On a donc refait des affiches avec le groupe Soldout à gauche de Slade.

Comment faire pour élaborer une affiche comme celle-là ? Cela doit être un véritable casse-tête...

La première chose est de couper les extrêmes. Par exemple, 80 % des groupes qui jouent au Spirit of 66 ne pourraient pas jouer à FiestaCity. Certains spectateurs apprécieraient, mais la grande majorité ne comprendraient pas. Bien sûr, on ne peut pas aller jusqu'à mettre du death metal ou du rap extrême. De toute manière, on fait le programme en fonction de l'argent que l'on a, c'est-à-dire 100 000 €. C'est très bien, évidemment, mais on est loin du budget d'un autre festival, d'abord parce que les entrées ne sont pas payantes. Il faut se faire à l'idée qu'il y a certains groupes qu'on aura jamais. Certains grands artistes français demandent à eux seuls 100 000 €. Mais je pense que nous réussissons à privilégier la qualité. Et puis il faut dire qu'il y a un festival off, avec des groupes qui jouent gratuitement, pour lequel nous avons créé une nouvelle scène.

Quels sont vos coups de coeur, que vous conseilleriez à chacun d'aller voir et écouter ?Dans la journée du vendredi, 14 Weeks, un petit groupe de la région que l'on voit de plus en plus et qui fait vraiment de la qualité. J'aime beaucoup Soldout et Vegas également. Samedi, il y a The Perpetrators. C'est, comme je l'avais fait l'an denier avec The Brew, la petite surprise du chef que personne ne connaît. Mike Sanchez, Wishbone Ash et Slade sont incontournables. Le dimanche, il ne faudra pas manquer les Gauff et DJ Didje. Je sais qu'ils sont déjà venus, mais c'est tellement bien...

Cela fait beaucoup d'univers différents. Vous devez composer en fonction des différents publics ?Il n'y a pas de calcul. Une programmation se fait un peu au feeling, en fonction de ce qu'on a les moyens d'avoir, des artistes qui sont disponibles, etc. Chico et les Gypsies, par exemple, jouent parce qu'ils reviennent justement d'Irlande. Ils passent par chez nous avant de rentrer en France.

Y a-t-il des groupes que vous rêvez de programmer à FiestaCity ?J'ai arrêté de faire ce genre de plans, parce qu'il y a une grande différence entre ce que tu veux et ce que tu peux. Il faut être réaliste et prendre ce qui est possible et disponible. C'est vrai que je rêverais d'avoir quelqu'un comme Jean-Louis Aubert, mais ça ne s'est jamais mis. Et c'est trop cher. Pour faire un programme, il faut tirer tous azimuts, tirer sur toutes les ficelles, et après tu composes avec ce qui tu as.

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