ENSEIGNEMENT

Alice, 12 ans, doublement inscrite

Alice, 12 ans, doublement inscrite

La double inscription: caprice de riche ou choix légitime?

Ils maintiennent une double inscription et « volent » ainsi la place d'un élève. Caprice de riche ou choix légitime ? L'histoire d'Alice.

«En fait, je ne sais pas si j'irai à Saint-Michel ou Saint-André. Il faut

demander à papa et maman », soupire Alice (prénom d'emprunt), 12 ans, en secouant ses longs cheveux blonds. Alice fait partie de ces élèves qui bloquent deux places en première humanité dans des écoles réputées de Bruxelles. Envers et contre tout.

Le plan serait le suivant. Alice et ses parents se pointeront à la rentrée de Saint-André. Ils espérant qu'un nombre suffisant de désistements fera remonter Alice en ordre utile pour accéder aux classes d'immersion. C'est le but de la manoeuvre. Dans le cas contraire, Alice ira à Saint-Michel où sa place est « garantie » et où la rentrée a lieu une heure plus tard. Top chrono.

Les parents de la jeune fille déplorent que le système n'ait pas pris en compte la situation particulière des classes d'immersion. D'autant que le grand frère et la grande soeur d'Alice sont tous deux en immersion à Saint-André. Mais, et c'est là la particularité, si leur petite troisième ne peut pas aller en immersion, ils ne souhaitent pas qu'elle reste à Saint-André et préfèrent alors Saint-Michel.

Caprice de riche ou choix légitime d'excellence ? Un mélange des deux sans doute, avec en toile de fond un décret largement décrié et dont les effets attendus en terme de mixité sociale restent à prouver.

En attendant, chaque histoire des doubles inscrits est particulière. Le souci : aujourd'hui, quelques dizaines ou centaines d'élèves vont se retrouver carrément sur le carreau. Sans école. Mais les parents d'Alice s'estiment dans leur droit. Et renvoient la balle dans le camp du décret maudit, alias décret Lotto.

« Le segec nous a bien téléphoné pour nous forcer à choisir. Mais on a refusé. On a renvoyé sur le champ une lettre pour maintenir notre double choix. Ce n'est pas de notre faute si le système a été mal fait et n'a pas pris en compte la réalité spécifique des écoles d'immersion », explique la maman d'Alice.

L'administration a envoyé un courrier aux parents des « doubles inscrits » en les invitant fortement à faire connaître leur choix d'école. Les associations de parents elles-mêmes s'y sont mises hier. Pour que les choix se fassent et libèrent des places aux sans école.

Quelque 800 élèves de Bruxelles ou du Brabant wallon ne savent toujours pas, à cinq jours de la rentrée, dans quelle cour de récré ils poseront les pieds. Avec les problèmes qui vont avec. Impossible d'acheter l'abonnement scolaire adéquat, le matériel scolaire indispensable et ainsi de suite. Sans compter, surtout, le stress.

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