France: des ténors du PS envisagent une ouverture à gauche

France: des ténors du PS envisagent une ouverture à gauche

Pour Fabius, le recours à des primaires à gauche est "devenu inévitable". (photo Reuters)

A deux ans et demi des présidentielles de 2012, le PS français prépare son plan de bataille pour reprendre le pouvoir. Plusieurs ténors du parti soutiennent l'idée de primaires ouvertes à toute la gauche pour désigner LE candidat qui affrontera très probablement Nicolas Sarkozy.

L'idée consisterait à amener les militants du PS et des autres partis de gauche, comme le NPA d'Olivier Besancenot par exemple, à se choisir un candidat commun et de jouer ainsi la carte de l'unité face à l'UMP de l'actuel président.

Jusqu'à présent très réservé sur cette question, l'ex-Premier ministre Laurent Fabius s'est rallié ce lundi à cette idée. "Il est devenu inévitable que ce ne soient pas simplement les militants socialistes mais un ensemble beaucoup plus vaste, disons des gens de gauche, qui votent pour le prochain candidat" à l'élection présidentielle, a-t-il déclaré sur la radio Europe 1.

Pression sur Aubry

Après les défaites aux présidentielles de 2002 et 2007, la nécessité d'élargir aux électeurs de gauche la désignation du champion du parti -pour l'heure confiée au seuls militants- a fait son chemin comme moyen de résoudre la crise du leadership qui gangrène le premier parti d'opposition en France. Et à une semaine de l'université d'été du PS à la Rochelle, la jeune garde socialiste a accentué la pression sur la patronne du PS, Martine Aubry, qui n'a pas tranché sur cette question qui divise le parti.

Le député Arnaud Montebourg, chantre des primaires à gauche et qui avait menacé de quitter le navire socialiste si son projet était bloqué par la direction, a affirmé dimanche que cette idée commençait à faire l'objet d'un "consensus".

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'y est rallié samedi pour préparer "l'alternative à la droite dans moins de trois ans".

De son côté, le porte-parole du PS Benoît Hamon a souligné que "les primaires sont le meilleur moyen pour rassembler la gauche et faire émerger un candidat commun sérieux face à Nicolas Sarkozy".

Les primaires ouvertes sont également soutenues par les "Amis de Ségolène Royal", la candidate malheureuse à la présidentielle de 2007 qui, quelques mois après l'élection, avait évoqué ce mode de désignation.

Avec Belga