Arnaques: des vins au goût de piquette

(photo Reporters)

Vous êtes contacté par un vendeur de vins aux noms flamboyant ? Méfiez vous, c'est peut-être une arnaque. Et le vin, parfois une piquette.

Il y a cette croyance qui veut qu'on ne puisse pas passer à côté d'une bonne affaire. « Ou encore, qu'on sera plus malin que le vendeur ou l'escro c, explique Marc Vandencammen, le grand patron du centre de recherches et d'information des organisations de consommateurs (CRIOC).

Tous les mois, ce sont ainsi deux ou trois plaintes relatives à des arnaques liées à des ventes de prétendus grands vins qui débarquent sur les bureaux du CRIOC, et auxquelles il convient d'ajouter, plus variables, celles déboulant dans les commissariats de police. Comme à Braine-L'Alleud voici quelques jours.

« En réalité, ils sont actifs toute l'année, mais on soupçonne ces vendeurs de travailler par zone géographique, poursuit le directeur général du CRIOC. On les voit un temps dans la région de Mons, puis à Namur et à Liège. On le sait grâce aux techniques de vente pour lesquelles on nous appelle et qui sont quasi identiques. » Il y a ainsi le monsieur très affable, très gentil, adoptant un ton très français (et souvent belge) au nom d'une grande marque si possible au nom flamboyant et précédée du mot « château » (avec une adresse au... Maroc) , ce qui n'est pas obligatoirement un gage de qualité.

Et le vendeur de proposer soit des grands vins à des prix exceptionnels avec le petit bonus : « vous faites partie d'un groupe de sélectionnés » . Raté, le vin n'est pas nécessairement celui qu'on croit. parfois juste une piquette achetée par les pseudos vendeurs dans une grande surface...

Autre profil d'arnaqueur : celui qui propose au « client » de venir chercher un cadeau, genre une belle carafe, pour participer à une dégustation et forcément acheter quelques bouteilles. « C'est la technique du pied dans la porte, commente Marc Vandecammen. »

Et puis, il y a les agressifs, ceux qui cherchent à arracher une vente de vin et qui, malgré qu'on leur raccroche au nez, peuvent rappliquer le lendemain. « Preuve d'un manque d'organisation. » On peut encore pointer ceux qui s'adaptent au profil de leur « cible » ou qui préfèrent user de la fragilité ou de la crédulité de certaines catégories de population, comme les personnes âgées.

Enfin, il y a ceux qui, feignant de vous connaître, n'hésitent pas à vous faire croire que vous aviez déjà commandé du vin chez eux et viennent pour une pseudo « seconde tournée », même si c'est faux...

Quoi qu'il en soit, une règle s'impose face à ce type d'arnaque : ne jamais se lancer dans le dialogue... « Ce sont des pros, ne jamais oublier ça. Les dialogues sont paramétrés dans des schémas bien maîtrisés. Si vous répondez ceci, ils savent qu'ils doivent répondre cela et ainsi de suite. Certains se croient plus forts que les vendeurs. Et se font avoir... »

Ne pas s'engager dans la conversation. Et couper court donc. Plusieurs trucs : soit on se dit inintéressé avant de raccrocher net ou on adopte un mode plus humoristique en rétorquant par exemple que sa religion interdit la consommation d'alcool ou encore qu'on est... en cure de désintoxication.