FOOTBALL

La saison qui peut tout changer pour Mirallas

La saison qui peut tout changer pour Mirallas

Kevin Mirallas continue sur sa lancée de l'Euro des Espoirs. (photo Belga)

Après l'Euro Espoirs, l'attaquant de Lille a frappé fort mercredi contre la Serbie avec les A. Est-ce la saison de Mirallas ? Gros-plan sur le Liégeois de 19 ans.

+ Les Diables ont encore un avenir

Benoit Poelvoorde, Régis Demanet dans Les portes de la gloire, disait: «On n'a jamais deux fois l'occasion de faire une bonne première impression.» Cette phrase pourrait coller à Kevin Mirallas. Le 7mai 2005, pour ses premières minutes sous le maillot de Lille, il avait inscrit le but de la victoire contre le PSG, quelques instants après être monté au jeu. Mercredi soir, pour sa première titularisation chez les Diables rouges, il est entré par la grande porte avec un but qui, combiné au doublé de Dembélé, a rappelé que la Belgique savait encore marquer.

À Bruxelles, Claude Puel, son entraîneur au LOSC, a apprécié. Au bout d'une heure, il espérait juste que René Vandereycken le remplace, chose faite à la 67e. Mirallas est appelé à débuter, dimanche, contre Paris. Il ne faudrait pas qu'il soit cuit. À 19 ans, l'attaquant liégeois est toujours en phase d'apprentissage. Deux fois titulaire en quatre rencontres de L1, il est couvé. Le mois d'août, en France, est chargé (sept matches) et «Puel veut le préserver, pour qu'il n'arrive pas cramé en octobre», révèle Roger Henrotay, son agent. Il a débuté contre Lorient et Sochaux, mais s'est contenté d'une demi-heure à Metz puis auMans.

«Il sait qu'il est nulle part»

Le message passe mieux qu'il y a quelques mois, cependant. «En fin de saison passée, Kevin ne jouait pas et commençait à perdre patience, explique Henrotay. Lille n'était plus dans le coup pour l'Europe et on a demandé qu'il joue. Sinon il partait!» Résultat: huit matches et deux buts. Dans la foulée, il sort un Euro Espoirs de très bonne qualité et se fait connaître en Belgique, d'où il est parti à l'âge de 15 ans. Mirallas nouvelle star? Il ne se prend pas la tête. «Il sait qu'il est nulle part», assure José, son père, qui est allé le chercher dans la capitale belge pour le ramener dans le Nord de la France, hier matin.

Ce restaurateur de bâtiments, qui a joué à Montegnée (Promtion), a tout laissé, à Villers-le-Peuplier (Hannut), pour suivre son fils. Omniprésent au bord des terrains, il n'a pas raté beaucoup d'entraînements. «On a senti, la première année, qu'il avait un retard à combler au niveau du placement et de la densité physique.» Certains suiveurs le trouvent aussi plus costaud qu'à ses débuts. Arrivé du Standard à la faveur d'un tournoi international des moins de 16 ans, à St-André dans la banlieue de Lille, Mirallas aurait pu rester en bord de Meuse. Mais une divergence de vue et les choix, allemands, hollandais et français, achevèrent de convaincre le clan liégeois. «Pour éviter la barrière de la langue, il était mieux qu'on opte pour la France», estime son père.

Henrotay, lui, suggère: «Il aurait réussi au Standard, il peut réussir partout.» Ses prestations aux Pays-Bas, avec les Diablotins, ont un peu plus attiré les regards, mais seul AZ Alkmaar s'était officiellement manifesté. Sous contrat jusqu'en 2009, Lille n'est pas prêt à lâcher son Belge, affectueusement surnommé le Cristiano Ronaldo du pauvre. «Kevin ne fera pas carrière à Lille, prévient Henrotay. Il va encore progresser, emmagasiner de la confiance et marquer des buts. Dès qu'il sera à 15, on pourra envisager un transfert.» Pour aller où? Il aime le championnat espagnol. Son père est né à Barcelone et il est fan du Real Madrid. «C'est un championnat plus technique, qui lui convient mieux que le français, plutôt fermé.»

Le directeur sportif de Valence, Miguel Angel Ruiz, connaît le Liégeois et le suit, tout comme Tottenham s'était renseigné à une époque où les relations entre le club et le joueur étaient plus difficiles, pour des raisons contractuelles. «La force de Kevin, c'est qu'il n'a pas d'états d'âme», confie Roger Henrotay, tandis que son père évoque «un garçon sociable, qui aimer aller vers les gens». À ses débuts à Lille, c'est un garçon impulsif, qui rend les coups et gueulait sur les anciens. «Il a changé de ce point de vue, il se contrôle plus.»

Et il est appelé à passer un nouveau cap cette saison. Habitué à jouer à une pointe les saisons précédentes, Lille a évolué, passant vers un 4-3-3 qui donne plus de solutions offensives. Il reste à Mirallas à saisir sa chance et s'inscire dans la continuité, à Lille et chez les Diables.

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