Des noms « prédestinés »...

Un psychologue hollandais a présenté les résultats de son étude portant sur la relation que les gens ont avec leurs noms. Surprenant !

Yvan Dubois est pépiniériste. Fabien Guérisse exerce comme médecin. Laurent Rapport est devenu commissaire de police. « Logique, direz-vous. Avec un nom pareil ! » Pourtant, ils auraient pu être plombier, avocat ou opticien...

D'après Raymond Smeets, le fait qu'Isabelle Chagrin travaille dans le domaine des obsèques ou que Monsieur Hêtre est garde forestier, n'est pas le fruit du hasard. Le psychologue a d'ailleurs développé cette thèse dans une étude qu'il a présentée lundi à Nimègue, aux Pays-Bas.

Selon lui, les personnes qui ont une image positive d'elles-mêmes ont involontairement une préférence pour tout ce qui est lié à elles, comme les lettres ou la signification de leur nom et les chiffres de leur date de naissance. « Cette préférence est si frappante que toute la vie de quelqu'un peut en être influencée, a indiqué le psychologue. Certains choisissent davantage une profession, un lieu de résidence ou un partenaire qui a un lien avec leur nom ou les lettres de celui-ci. »

« Nom adapté »...

Au Québec, ce phénomène s'est vu attribuer un nom : « aptonyme », qui rassemble les noms « aptus » (adapté) et « onyme » (nom). Le grand dictionnaire terminologique québécois propose donc cette définition : « nom de famille d'une personne qui est étroitement lié à son métier ou à ses occupations. » Depuis, les aptonymes font même l'objet d'études. Le CCA (Centre canadien des aptonymes) et le CERA (l'équivalent pour la France) s'amusent à les recenser et à les classer. On trouve ainsi des aptonymes par profession (Robert Grossetête qui était philosophe, Rémi Doré, enseignant en musique ou Louise Descaries, qui faisait dans la confiserie) ou bien par couple (familles Dupont-Davignon, Legros-Rathé et Leboeuf-Hachey), ou encore des aptonymes illustrés (quelques exemples ci-joints). Leurs sites internet regorgent d'exemples (www.fatrazie.com/aptonymes.htm).

... ou non adapté ?

Mais le site mentionne également des « contraptonymes ». Ainsi, Monsieur Soulier a choisi d'être... charcutier et Monsieur Boulanger, viticulteur. Plus fort, Robert Bourlet est nutritionniste, Jean-Charles Aye est dentiste, Roselyne Bargeot est psychiatre et Patrick Le Borgne a monté sa société de vidéosurveillance.

Raymond Smeets précise toutefois dans son étude que ces choix sont également le résultat de prédispositions ou de circonstances et qu'on ne peut affirmer qu'une personne qui n'a jamais utilisé son nom est malheureuse ou qu'elle n'a pas de considération pour elle-même.

N'empêche, certains noms font des envieux. Quand on sait que Simone Loterie a gagné 30 millions de francs au Loto...

Quel est le petit malin qui a dit qu'il voulait changer de nom pour s'appeler « Moneymaker » ? Pas de bol, il existe déjà. Chris Moneymaker est un fabuleux joueur de poker...

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