Mons

Le PS ne saute pas avec Donfut

Le PS ne saute pas avec Donfut

(photo Belga)

La «  mine  » Donfut ne fait pas exploser le PS à Mons. Un tiers des électeurs y voteraient socialiste. Elio Di Rupo garde leur confiance.

Elio di Rupo a été bien inspiré de mener la liste à Mons. À croire qu'il se doutait de quelque chose... Imaginez si la place de tête avait été confiée à Didier Donfut comme en 2004  ! Le PS courrait à la «  cata  ». Encore qu'il n'est pas sûr que l'expert en énergie le plus médiatisé du pays, ministre et bourgmestre démissionnaire de Frameries, n'engrange pas un joli capital de voix le 7 juin. Même s'il voulait se retirer de la liste, son nom figurera bel et bien devant la troisième case à cocher. Et certains électeurs socialistes verront toujours en Donfut un martyr, victime d'une cabale «  anti-PS  ».

La machine à voix qu'est Elio di Rupo, en tout cas - si l'on en croit ce sondage réalisé juste au moment de «  l'affaire Donfut  » _, en limitera les conséquences. Avec 35,8  % d'intentions de vote, c'est à Mons-Borinage que le Parti socialiste, bon résistant sur ses tranchées, réalisera de loin sa performance la plus honorable.

Écolo second, mais loin
Certes, les socialistes se situent dix points en dessous du score stalinien réalisé en 2004, mais ils devancent toujours largement leurs poursuivants. Second  : Écolo, qui vole cette marche du podium au MR en triplant ses voix, atteignant 23,7  %. Notons que c'est autant du côté des électeurs libéraux que socialistes que les Verts effectuent leur recrutement.

Du coup, le MR emmené par Richard Miller reculerait de 2  %, à 16,1  %. Même recul pour le cdH de Catherine Fonck qui se situe à 11,4  % à peine. Ceci sous réserve, toujours, que les sondés, les 12 et 13 mai, n'avaient sans doute pas totalement assimilé les tenants et aboutissants de l'affaire Donfut, ni les querelles locales qui ont suivi. Lesquelles ont notamment plongé la ministre de la Santé et de la Jeunesse au coeur du débat.

Résultat de tout cela dans la dévolution des sièges  : en tenant compte de l'apparentement, le PS ne perdrait qu'un de ses trois sièges (celui de Donfut) sur la circonscription. Ce serait l'un des deux acquis par Écolo, l'autre étant piqué au Front national, qui, en net recul de 10 à 6  %, perdrait son unique élu. Le MR et le cdH feraient statu quo, en conservant un siège chacun. Parmi les petits partis, seul le RWF semble tirer son épingle du jeu en réalisant 1,9  %.

Un sondé sur 3 ne sait pas
Autre élément marquant de ce sondage  : un électeur potentiel sur trois n'est pas, à ce stade-ci, en mesure de dire pour qui il compte voter  : 32,8  % de non-réponses, c'est à peine moins que les 35,3  % enregistrés à Charleroi, capitale attitrée de la mal-gouvernance.

Parmi ce tiers d'électeurs n'exprimant pas une intention de vote, 22,6  % sont des indécis parmi lesquels ce sont les écolos qui ont le plus de marge de recrutement. À Mons, les Verts en ont encore «  sous la pédale  ». Le solde des non-réponses, soit 10,8  %, sont des gens qui disent voter blanc ou s'abstenir. Un électeur sur dix, c'est l'un des chiffres de mécontentement les plus élevés dans notre sondage.