Pour la première fois en 30 ans, le président de la CSC wallonne est un Namurois. Il a cependant fait une partie de sa carrière à Tournai.

Samedi, la CSC wallonne a célébré ses trente ans d'existence. Un anniversaire tout rond qui s'accompagne d'un changement à sa tête. Jean-Marie Constant, le secrétaire fédéral de Namur-Dinant, devient en effet le nouveau président. Rencontre avec le Fernelmontois bien décidé à remettre Namur au centre du jeu wallon.

Jean-Marie Constant, quand avez-vous contracté le virus du syndicalisme ?Cela part déjà une ambiance familiale. Je suis fils de maçon, dans une famille de six enfants... J'ai fait du patro également et je me suis retrouvé à la tête d'un comité d'élève. Et puis, je me suis engagé dans les jeunes CSC à 19 ans.

37 ans plus tard, vous voilà président de la CSC wallonne. Pourquoi vous ?Il faut demander aux autres. Peut-être parce que j'ai une longue expérience au sein du syndicat et que j'en ai connu pas mal de facettes. J'ai travaillé à Huy, Tournai, Bruxelles et depuis 1997 à Namur-Dinant. Et puis, j'ai connu aussi différents secteurs professionnels.

La fédération Namur-Dinant fonctionne très fort aussi. Ça vous a probablement servi...C'est toute l'équipe qui s'est démenée. Et c'est vrai que l'on est passé en dix ans de 36 000 à 47 000 affiliés. C'est le plus fort taux de progression en Belgique.

Avec quel bilan ?Attention, ce n'est pas un testament. Je ne quitte pas Namur... Non, on peut être fière de notre politique de décentralisation. On a ouvert pas mal d'antennes et de relais. On est également présent dans les régions les plus isolées. Tout le monde peut dire qu'il a un contact CSC dans un rayon de cinq kilomètres. Question briques, on retiendra également notre nouveau quartier général qui est en train de se construire à Bouge...

Un Namurois, président wallon de la CSC, c'est vraiment utile pour Namur ?Je ne m'oppose pas aux bassins liégeois ou carolo mais je veux aussi défendre l'axe de la Nationale 4, en plein développement. Quand on voit comment ont été attribués les récents subsides européens, on comprend qu'il est temps de se remuer. À Liège, dès qu'un dossier régional peut être favorable aux Liégeois, on dépasse les clivages politiques et on fait cause commune. Ce n'est pas assez le cas à Namur. Avec le FGTB, on s'est bien battu pour défendre Sambreville et le projet Urban. C'est ce genre de combat qu'il faut mener tous ensemble.

Avec l'espoir que les prochaines élections amènent plus de Namurois au gouvernement...Ce sera déterminant. On manque trop souvent d'arrogance...

Le gros défi, c'est l'emploi. Qu'allez-vous amener ?Dans le plan Marshall, on a dégagé un sixième pôle : celui de la construction et du développement durable. Isolation, énergies non polluantes... Il y a de l'activité à créer dans ces secteurs. Par ailleurs, il y a aussi du potentiel dans le domaine de l'accueil de la petite enfance et des personnes âgées. Là, on doit interpeller les pouvoirs publics, stimuler les initiatives...

Et quand vous enlevez la casquette CSC, que faites-vous ?Du jardinage et du bricolage. Ça me vide la tête. Mais j'adore aussi... ne rien faire. Quel luxe incroyable ! C'est aussi une passion...