Dexia renoue avec les bénéfices au premier trimestre 2009

(Photo reporters)

Dexia a clôturé le premier trimestre de 2009 sur un résultat net de 251 millions d'euros. Si ce chiffre constitue une baisse de 13% sur un an, il lui permet toutefois de renouer avec les bénéfices après la perte colossale de 2,6 milliards d'euros enregistrée lors des 3 derniers mois de l'an passé

Dans le détail, les métiers de base de la banque franco-belge, à savoir le financement des collectivités locales et la banque de détail et commerciale, affichent des contributions respectives au bénéfice net de 198 et 156 millions d'euros.

Ces entités "ont démontré leur résistance et leur rentabilité", a souligné Pierre Mariani, l'administrateur délégué du groupe, au cours d'une conférence de presse. Ainsi, les revenus de la division "Public and Wholesale Banking" ont progressé de 17 pc sur un an, à 462 millions d'euros, alors que les coûts ont baissé de 7 pc sous l'effet d'un "contrôle strict".

Quant à la banque de détail et commerciale, elle a vu ses revenus augmenter de 5% en rythme annuel, à 722 millions d'euros, "reflétant des tendances divergentes", a précisé la banque. En Belgique, ainsi, les revenus ont souffert de la baisse des commissions sur les produits d'épargne hors bilan et de la contraction des marges sur les dépôts. En Turquie, au contraire, ils ont enregistré une "hausse sensible", les marges étant soutenues par les baisses de taux d'intérêt de la Banque centrale.

Pas de prévision pour le futur

Les dépôts, eux, ont augmenté de 3,5 milliards d'euros depuis la fin de 2008, dont 3 milliards en Belgique et 0,5 milliard en Turquie, ce qui témoigne d'un regain de confiance de la part des épargnants après la garantie de 150 milliards d'euros accordée à l'automne dernier par les Etats belges, français et luxembourgeois.

Autre progression: celle des crédits, qui ont bondi de 10 pc grâce aux crédits aux entreprises (+16 pc) et aux crédits hypothécaires (+9 pc).

Enfin, le pôle gestion d'actifs et assurance a pour sa part accusé une perte de 128 millions, principalement du fait de la baisse des marchés d'actions.

Ces résultats démontrent "la force et la rentabilité des activités de base de Dexia; et la capacité du groupe à résister", a encore souligné Pierre Mariani qui s'est toutefois refusé à toute prévision pour l'ensemble de l'exercice, l'environnement restant "très incertain".

Tous dans le même panier

"Le risque d'effondrement systémique semble écarté mais l'on n'est toutefois pas sorti de la crise car les banques vont désormais devoir gérer les effets du ralentissement économique et la hausse du coût du risque", a-t-il expliqué.

Toutefois, Dexia n'a pas besoin d'un nouveau plan de sauvetage gouvernemental, tel qu'envisagé pour KBC, a assuré le président de son conseil d'administration, Jean-Luc Dehaene. "Mardi, la presse a erronément fait état d'un plan pour le secteur bancaire en Belgique. Nous ne menons pour l'instant absolument aucune discussion de cet ordre. C'est important de ne pas mettre toutes les banques dans le même panier", a-t-il ajouté.

Enfin, "le plan de transformation", annoncé en novembre, "commence à porter ses fruits", s'est félicité l'administrateur délégué. Ce plan comprend notamment le cantonnement d'un portefeuille d'obligations d'une valeur de 157 milliards d'euros, une réduction des coûts (avec 900 suppressions d'emplois à la clé) et le recentrage de la banque sur ses activités et marchés historiques. "Nous sommes en ligne avec les 200 millions d'économies prévus. Et en ce qui concerne l'emploi, nous poursuivons les négociations avec les syndicats. Nous espérons parvenir à boucler l'ensemble des dispositions pour le 15 juin", a conclu Pierre Mariani.

Belga

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