Donfut donne le coup de grâce au PS

(photo Belga)

ANALYSE | Didier Donfut était grassement payé pour de la consultance dans deux structures publiques. Le PS l'a fait démissionner. Il se retire des élections.

C'est un nouveau coup de massue pour le PS déjà au plus mal dans les sondages à même pas un mois des élections régionales : Didier Donfut, ministre de l'Action sociale à la Région, a démissionné hier pour une affaire peu glorieuse.

C'est La Libre Belgique qui le révélait hier : Donfut, en dehors de son activité de ministre, était rémunéré quelque 143 000 € par an grâce à une convention le liant l'IGH (Intercommunale Gazière du Hainaut) pour de la consultance en matière énergétique. Sa société privée, IDEE (International Développement Énergie et Environnement) dont il est le seul actionnaire, employait une personne : son fils.

Le fait de travailler en SPRL lui permettait d'être moins soumis à l'impôt. Situation d'autant plus choquante, qu'il y a quelques mois, le parlement wallon avait réglé la situation des administrateurs publics qui exerçaient leur mandat par le biais d'une société pour être moins taxé. C'est aussi lui qui avait instruit la procédure disciplinaire contre Anne-Marie Lizin !

Pourtant, malgré la polémique, Didier Donfut s'étonne. Il ne comprend pas, dit-il, qu'une activité qui s'exerce en parfaite légalité et qui a « toujours fait l'objet d'une transparence totale » choque aujourd'hui. Il parle de climat délétère et de poujadisme. Mais dans l'intérêt de son parti, il se retire. Y compris des élections pour lesquelles il figurait en 3e position sur la liste PS de Mons.

Libre comme l'air

La convention entre sa société et l'IGH lui était très favorable, tant sur le plan financier que dans sa manière de gérer son activité. « Le consultant pourra organiser ses activités avec la plus grande liberté et avec la plus complète indépendance. » Concrètement, il se dit qu'en fait, malgré le montant hallucinant de sa rémunération, ce qu'il faisait pour l'IGH n'était pas bien lourd et se bornait surtout à nouer des contacts entre l'IGH et Electrabel.

À l'IGH, certains administrateurs jurent qu'ils ne savaient pas que Donfut était derrière la société de consultance. Pourtant, la présidente, Marie-Paule Bury, présidente de l'intercommunale est conseillère PS à Frameries dont Didier Donfut est le bourgmestre empêché mais toujours maître absolu depuis les coulisses.

20 000 euros par an à la Socofe

Mais ce n'est pas tout. Didier Donfut, via sa société travaillait aussi pour la Socofe, un holding wallon (et structure publique) actif dans le secteur de l'énergie, dont le ministre Jean-Claude Marcourt vient de quitter précipitamment la présidence. Pour cette consultance, la société de Donfut touchait environ 1 700 euros par mois. Plus encore que dans le cas de l'IGH, le conflit d'intérêt paraît ici évident.

Et pourtant, malgré tout cela, Donfut n'a jamais compris. Il n'a jamais cru bon choisir. Parce que rien ni personne ne lui interdisait de la faire. Légalement, rien ne peut lui être reproché. Seulement voilà, il a commis une faute déontologique et éthique grave qui met aujourd'hui un sérieux coup d'arrêt à sa carrière politique. C'est Rudy Demotte qui reprendra ses attributions jusqu'au 7 juin.

Il lui reste maintenant à reprendre sa place comme bourgmestre de Frameries. À moins que son partenaire cdH n'y mette un veto.

C'est sûr, cette affaire est l'ultime clou dans le cercueil du PS qui a tout de même fourni une bonne partie du sapin en ne prenant pas les bonnes décisions aux bons moments.