CHARLEROI

TC Charleroi : jugement le 17 juin dans le dossier Wagner

La défense de Bernard Wang, l'ancien haut fonctionnaire de la Région impliqué dans le dossier Wagner a également réclamé son acquittement mercredi devant le tribunal correctionnel. Le jugement sera rendu le 17 juin.

Après l'acquittement demandé par la défense de Robert Wagner lors de l'audience de mercredi matin, la défense de Bernard Wang, le haut fonctionnaire de la Région wallonne impliqué dans le même dossier a conclu elle aussi par une demande d'acquittement.

Me Marc Denève a expliqué que son client ne réclamait pas la clémence du tribunal, mais bien un acquittement pour l'ensemble des préventions mises à sa charge.

Il s'est tout d'abord penché sur sa complicité supposée dans le fait, pour Robert Wagner, de ne pas avoir restitué les 855.000 euros de subventions reçus de la Région wallonne. A l'époque, a-t-il plaidé, et alors qu'était mis en place l'Objectif 1, Bernard Wang n'avait pas de directeur général, parti sans être remplacé, et sa supérieure directe était régulièrement absente.

Il a établi un document proposant l'annulation de la subvention accordée à Robert Wagner, note adressée au ministre Kubla, en l'absence de sa hiérarchie, mais cette note n'a pas suscité de réaction. De même, une note faite par un autre agent a ensuite été transmise à l'inspectrice générale, présente cette fois, mais qui a estimé que la demande d'annulation de subvention ne pouvait être signée que par le ministre, ce qui n'a jamais été fait.

Finalement, une mise en demeure a été adressée en décembre 2005 à Fabricom, qui avait dans l'intervalle racheté Charleroi Découpe Construction, et le litige est toujours pendant devant le tribunal civil de Namur. Le mois suivant, une réunion s'est tenue chez le ministre actuel, Jean-Claude Marcourt.

Me Denève en a conclu que son client avait bien entamé les démarches préalables à un remboursement de la subvention, mais que ce dossier avait ensuite "dormi". Et le défenseur s'est interrogé : en quoi Bernard Wang serait-il complice d'un non-remboursement ? En quoi a-t-il encouragé Robert Wagner à ne pas rembourser ?

Second défenseur, Me Philippe Herman a souligné qu'en affirmant qu'elle n'avait pas le pouvoir de signer, l'inspectrice générale avait commis une erreur; mais il n'était pas dans le pouvoir de Wang d'aller à l'encontre de cette décision, tandis que du côté du ministre on avait, a-t-il dit, "fait preuve d'inertie".

Me Denève a également rejeté la prévention de corruption, s'interrogeant sur ce qui la justifiait dans ce dossier "où je n'ai rien trouvé de semblable", a-t-il plaidé. "On dit que Bernard Wang aurait bénéficié d'un ascenseur social en connaissant Robert Wagner ? Mais il n'a pas attendu Robert Wagner pour avoir des amis", a-t-il ajouté.

Avocat de la Région wallonne, Me Matray a estimé que le fait d'avoir tardé n'ôtait pas le droit, pour la Région, à récupérer cette subvention. Pour lui, on s'est trouvé, dans cette demande d'aide de la Région, devant un "non respect organisé".

Le substitut Laurent Schretter a répété qu'à ses yeux, l'escroquerie était liée au fait de ne pas avoir restitué la subvention. Il a ajouté, à propos de la corruption, qu'il était "délicat d'accorder des subsides à des amis".

Prenant en dernier lieu la parole, Robert Wagner a dit qu'il avait eu le sentiment d'être victime d'un complot, "c'est un mot peut-être fort mais juste", a-t-il ajouté. "Je suis l'ami de puis 25 à 30 ans de Jean-Claude Van Cauwenberghe et j'ai le sentiment qu'à travers moi, c'est lui qu'on visait", a-t-il encore dit, visiblement ému. De son côté, Bernard Wang a eu quelques mots pour dire à quel point "cela a été dur, familialement". Jugement le 17 juin.


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