BRUXELLES

Assises Bxl (2/der): la défense plaide la provocation

La cour et le jury d'assises de Bruxelles-Capitale ont entendu mercredi soir les plaidoiries des avocates de la défense, après la deuxième partie du réquisitoire du procureur général, au procès de Roberto Sanji, accusé du meurtre de Mohamed Salim.

Le représentant du ministère public, Bernard Dauchot, a exclu l'existence d'une provocation dans le chef de la victime. Le magistrat a d'abord repris une déclaration de l'accusé qui avait indiqué: "Le gars qui est mort est venu vers moi. Il me détestait et moi aussi, je le détestais. Cela faisait neuf mois qu'il me provoquait". "Vous semble-t-il que Mohamed Salim a eu un comportement à ce point fautif qu'il a provoqué l'accusé, en commettant envers lui des violences graves? Rien que sur le plan légal, il manque en tout cas une condition pour que la provocation soit retenue. Il faut que la provocation ait eu un effet de surprise. Cet élément fait défaut et donc vous ne retiendrez pas la provocation", a conclu le procureur général. Pourtant, les avocates de la défense, Mes Sylvie Callewaert et Delphine Kips, ont plaidé l'existence de cette provocation.

Me Kips d'abord a relu la déposition d'un témoin oculaire des événements, selon lequel Mohamed Salim a menacé l'accusé avec son parapluie, avant de l'entraîner dans la cour intérieure de l'"Amicale des travailleurs et commerçants marocains de Bruxelles et du Brabant".

Ce témoin dit avoir entendu des éclats de voix et que quelqu'un avait été plaqué contre la porte. "Coup de poing ou pas coup de poing, M. Sanji a subi en tout cas des violences morales graves, il s'est senti humilié et est parti avec une soif de vengeance parce qu'il avait eu le dessous. Nous l'affirmons et si quelqu'un dit le contraire, c'est à lui de le prouver. Le droit belge est ainsi fait. La charge de la preuve appartient à ceux qui accusent. Il suffit que notre thèse soit plausible pour que vous la reteniez", a insisté Me Delphine Kips.

Ensuite, Me Sylvie Callewaert a soutenu que l'accusé avait commis des coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort, sans intention de la donner. La jeune avocate de rappeler que son client n'a porté qu'un seul coup de couteau à la victime et qu'il a ensuite tenté de s'enfuir, en laissant l'arme dans l'abdomen de son adversaire. "S'il y avait eu une intention homicide, M. Sanji aurait récupéré son arme. Mais il n'a visé aucun organe vital. Les médecins légistes nous ont indiqué mardi qu'à part la pénétration de la peau, il n'y avait pas eu d'obstacle pour enfoncer le couteau jusqu'à la colonne vertébrale", a indiqué Me Callewaert. De conclure que son client avait, de son côté, subi 14 lésions sur le crâne, au visage et dans l'abdomen par des coups portés par la victime qui s'était armée du même couteau.

Les jurés entreront en délibération jeudi matin.


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