ELECTIONS 09-Affiches périphérie: épuration politique et linguistique(Moureaux)

Le président la Fédération bruxelloise du PS et vice-président du Parti Socialiste, Philippe Moureaux, a condamné mercredi "avec la plus grande vigueur les manouvres grotesques et par ailleurs totalement illégales visant à proscrire l'affichage de listes francophones" en Brabant flamand pour les élections européenne et/ou régionales. Pour lui, cela relève d'un "processus d'épuration politique et linguistique".

La commune de Hal a adopté récemment un règlement selon lequel seuls les partis flamands pourront coller leurs affiches sur les panneaux mis en place par la commune à l'occasion des élections régionales et européennes du 7 juin prochain. Plusieurs autres communes du Brabant flamand ont, elles, décidé de ne pas installer de panneaux électoraux pour éviter le collage d'affiches en français. C'est le cas pour Opwijk, Merchtem, Beersel, Kapelle-op-den-Bos, Machelen, Ternat et Meise.

Affligem a quant à elle décidé de surcoller les affiches francophones avec des affiches blanches. D'autres communes ont choisi de distribuer des dépliants incitant au refus de tracts électoraux en français dans les boîtes aux lettres.

Dénonçant ces manoeuvres, Philippe Moureaux a souligné que lors des nombreuses réunions consacrées à la question de la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde auxquelles il a participé, les représentants des partis flamands ont avancé comme argument "que les francophones pourraient, sur un pied de stricte égalité, se présenter sur les listes de Hal-Vilvorde".

"Les dernières mesures prises par les bourgmestres flamands de la périphérie pour empêcher les partis et les candidats francophones d'exister dans l'espace public prouvent que cet argument n'a aucune valeur et que les 'bonnes intentions' affichées dans ces discussions ne sont en fin de compte qu'une farce qui masque un véritable processus d'épuration politique et linguistique", a-t-il ajouté.

Lundi, le cdH a lui aussi condamné l'attitude de ces communes. "Alors que le Conseil de l'Europe et l'ONU ont déjà condamné à plusieurs reprises les agissements de la Région flamande en matière de non-respect des minorités, le cdH regrette que ces communes décident de stigmatiser encore une fois les minorités désireuses de vivre en Flandre", a-t-il expliqué dans un communiqué.

Le Conseil d'Etat a confirmé par ailleurs dans deux avis du 3 février 2009 que l'interdiction de la propagande électorale faite dans une autre langue de la région est inconstitutionnelle car elle viole le principe de la liberté d'emploi des langues consacrée à l'article 30 de la constitution, a encore indiqué le parti. Selon lui, ce principe été confirmé par le ministre flamand des Affaires Intérieures, Marino Keulen, qui a déclaré que l'affichage était libre et n'était pas soumis aux lois linguistiques.

"Dès lors, tous les partis se présentant aux élections, qu'ils soient francophones ou néerlandophones, bénéficient des mêmes droits en matière d'affichage électoral empêchant ainsi toute décision discriminatoire et anti-démocratique", a conclu le cdH.

Nos dernières videos