Le 'Times' raconte une attaque de F-16 belges en Afghanistan

Le 'Times' raconte une attaque de F-16 belges en Afghanistan

(photo Belga)

Le journal britannique The Times a publié un article qui raconte une mission des chasseurs-bombardiers belges F-16 en Afghanistan. Le journaliste y décrit comment un de ces avions a tué aux canons deux talibans.

Le journal britannique 'The Times' a levé un coin du voile sur les missions effectuées en Afghanistan par les chasseurs-bombardiers F-16 belges chargés d'appuyer les troupes au sol de l'OTAN, décrivant notamment comment l'un de ces avions a tué au canon deux insurgés talibans qui préparaient une embuscade contre une unité britannique dans la province d'Helmand (sud).

Selon le récit publié mardi de l'envoyé spécial du 'Times' en Afghanistan, Michael Evans, cette attaque contre des talibans en train de planter un engin explosif improvisé, l'arme favorite des talibans, a dans un premier temps été empêchée par la présence sur les lieux d'un jeune berger.

Aucune précision n'est fournie sur la date de cet incident. Seule sa localisation est donnée, à une dizaine de kilomètres de la ville de Garmsir, dans le sud de la province d'Helmand.

Selon le 'Times', quatre insurgés ont d'abord été repérés par un avion sans pilote (UAV) de type Hermes 450 relayant ses images aux commandants britanniques alors qu'ils plantaient une bombe - en jargon militaire un "Improvised Explosive Device" (IED) - à l'extrémité d'un pont sur la Route Cowboys, l'un des itinéraires empruntés par les troupes de la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), dirigée par l'OTAN.

Les chasseurs ont reçu l'ordre d'attaquer

Deux F-16 belges appelés à la rescousse sont rapidement arrivés, "prêts à pulvériser les combattants talibans", raconte le journaliste. Mais ils en ont été empêchés par l'arrivée d'un jeune berger afghan, accompagné de quelques chèvres. Les talibans ont entre-temps continué à enterrer leurs explosifs malgré la présence des F-16 dans le ciel, causant une "frustration croissante" chez les officiers britanniques recevant les images en direct dans plusieurs salles d'opération.

L'un d'eux, portant un fil, a fini par disparaître aux yeux des soldats de la compagnie B du Mercian Regiment. Le quatrième, qui semblait être le chef, est pour sa part parti à moto. Après le départ du jeune berger, les chasseurs ont reçu l'ordre d'attaquer. "Plutôt que de larguer une bombe de 500 livres (250 kilos) qui aurait endommagé le pont, l'un des avions a surgi en rugissant et a mitraillé avec son canon de 30 mm (en réalité 20 mm, NDLR) la zone où les deux talibans avaient presque fini d'enterrer leur IED. Les deux sont tués", écrit le 'Times'.

L'insurgé muni du fil est pour sa part monté sur une moto et le drone Hermes l'a suivi alors qu'il roulait vers le sud. Il est entré dans une maison pour se changer, avant de repartir en direction d'un lieu "connu comme un centre de commandement" des talibans, mais sans être inquiété.

La bombe, faite de quatre obus de mortier remplis d'explosif et attachés les uns aux autres, a ensuite été désamorcée le lendemain par deux spécialistes en déminage des Marines américains accompagnant la patrouille britannique, forte d'une centaine d'hommes. "Ce n'était qu'un IED - et il y en a beaucoup plus", conclut Michael Evans, le journaliste spécialisé en matière de défense du 'Times'.

Respect du mandat

Un haut responsable du ministère a confirmé l'incident relaté par le journal britannique, précisant qu'il s'était produit le jeudi 30 avril à 10h00 GMT (12h00 HB et 14h30 locales) dans la province d'Helmand (sud de l'Afghanistan).

Ce responsable, qui suit de près les opérations dans lesquelles sont impliqués les militaires belges, a assuré que cet engagement s'était déroulé "dans le respect du mandat" donné aux aviateurs par le gouvernement. Il a ajouté que le JTAC qui avait demandé l'intervention des avions belges était assisté par un "conseiller légal" (Legad).

Il a expliqué que le choix du canon - de préférence à une bombe de 250 kilos - avait été fait par le pilote lui-même "afin d'éviter des dommages collatéraux".

Le ministère de la Défense se refuse en général à tout commentaire sur la mission des F-16 en Afghanistan, se réfugiant derrière le secret militaire et des directives émanant de l'OTAN. Mais le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), a annoncé fin avril, lors d'une visite sur place, qu'il fournirait des chiffres "au printemps prochain" lors de l'évaluation de cette mission, prolongée jusque fin 2010.

Belga


 

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