Divorce à l'italienne: Berlusconi s'explique 30 minutes à la Rai

Divorce à l'italienne: Berlusconi s'explique 30 minutes à la Rai

Ecran affichant "Maintenant, c'est moi qui parle", musique à la Ben-Hur au générique, la Rai a opté pour une mise en scène étonnante pour une télé publique.

VIDEO | Silvio Berlusconi a eu droit à une émission spéciale d'un programme populaire de la télé publique italienne pour revenir sur la demande de divorce de son épouse Veronica Lario. Un show intitulé "Maintenant, c'est moi qui parle"...

Le Cavaliere a choisi le média qu'il connaît le mieux, la télévision, pour passer à l'offensive mardi soir, propulsant délibérément l'affaire de son divorce sur la scène publique lors de l'émission populaire "Porta a Porta". Celle-ci a recueilli un taux d'audience record de 2,7 millions de téléspectateurs. Pendant 30 minutes et sur fond de grand écran proclamant "Maintenant, c'est moi qui parle", Silvio Berlusconi s'est défendu avec vigueur des "mensonges" (sic) et des "inventions" (re-sic) de son épouse, Veronica Lario, en particulier celui d'avoir des relations avec une mineure.

Il a réaffirmé que sa femme (52 ans) était tombée dans un piège ourdi par la gauche, au motif que l'opposition serait jalouse "de sa popularité qui atteint les 75%". Mais il a aussi reconnu que cette affaire lui avait "nui personnellement", de même qu'à son parti, le "Peuple de la liberté". Or, le scandale du divorce des Berlusconi a éclaté à un mois des européennes, des élections où le Cavaliere (72 ans) ambitionne une victoire écrasante pour son camp.

"Pauvre Silvio"

Ce "divorce à l'italienne" a fait la une de la presse transalpine. "Le chef du gouvernement est conscient de la gravité de la crise. La plus sérieuse depuis qu'il est entré en politique en 1994", estime ironiquement dans un éditorial Il Sole 24 Ore. "Cette fois, c'est son charisme qui est terni (...) et pour un homme qui en a fait le fondement de sa carrière politique, la partie est cruciale", ajoute le quotidien économique.

Pour le Corriere della Sera, le plus gros tirage de la Péninsule, l'opinion publique dans son ensemble est "déconcertée". Selon le quotidien, le Cavaliere serait aussi très ennuyé par les conséquences de cette affaire hors d'Italie alors qu'il compte faire du prochain sommet du G8 en juillet un triomphe personnel, un peu plus d'un an après son retour au pouvoir.

Lors de son intervention à la télévision, le Cavaliere a aussi joué la carte du tendre, confiant que lorsqu'il voyait la façon dont sa femme "faisait la grand-mère, sa douleur augmentait". "On ne peut pas savoir comme c'est beau de faire les grands-parents à deux", a-t-il souligné. Des confidences qui valaient mercredi à l'un des hommes les plus riches d'Italie, ce titre cinglant du quotidien communiste Il Manifesto: "Pauvre Silvio"...

Avec Belga

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