BRUXELLES

ELECTIONS09: cdH veut un gouvernement et un parlement communs Wallonie-Bruxelles

Le cdH veut que la Région wallonne et la Communauté française disposent d'un seul gouvernement, composé de membres du gouvernement wallon et de ministres francophones de la Région bruxelloise, et d'un seul parlement, semblable à l'actuel parlement de la Communauté française.

La présidente du cdH Joëlle Milquet a fait ces propositions mardi, dans le but de renforcer l'unité francophone qu'elle juge indispensable dans la perspective des négociations institutionnelles qui auront inévitablement lieu après les élections du 7 juin. "Il ne faut pas croire que le calme actuel a résolu les problèmes: les demandes flamandes seront peut-être encore plus virulentes après le 7 juin", a-t-elle averti, justifiant ainsi la nécessité de positions francophones fermes lorsque des demandes inacceptables sont formulées par la Flandre.

La ministre communautaire et wallonne Marie-Dominique Simonet, le ministre bruxellois Benoît Cerexhe et le ministre wallon André Antoine ont expliqué pour leur part tout ce que leurs gouvernements avaient déjà fait en faveur des collaborations et synergies Communauté-Régions: réduction du nombre de ministres, trois ministres à double casquette, présence de M. Cerexhe aux réunions du gouvernement de la Communauté, fusion des Relations extérieures de la Communauté et des Régions, réunions communes des gouvernements, etc...

Plutôt que choisir entre Communauté et Région, le cdH prône l'existence de deux Régions fortes, mais aussi d'une institution commune aux Wallons et aux Bruxellois tout aussi forte, a expliqué Mme Milquet. Le gouvernement unique serait composé de ministres communautaires et régionaux aux compétences connexes (enseignement et formation, budgets, etc...) et régulièrement élargi à tous les ministres wallons et bruxellois francophones.

Les centristes souhaitent aussi une seule stratégie francophone (déclaration de politique générale francophone, stratégie unique dans les discussions institutionnelles), une solidarité financière renforcée entre entités francophones et un seul territoire, élargi aux 6 communes de la périphérie bruxelloise. Cet élargissement se justifie tant par des raisons culturelles et économiques que par la continuité territoriale et le traitement réservé par les autorités flamandes aux Francophones des communes concernées, qui voient leur droits, en principe bétonnés dans la Constitution, sans cesse bafoués, a expliqué M. Cerexhe.

Il faudra aussi réaménager les compétences, en confiant par exemple le tourisme ou toutes les infrastructures (sauf les bâtiments scolaires) à la Région. De même, au nom des synergies, un seul ministre s'occuperait de la fonction publique, un même statut serait appliqué aux fonctionnaires régionaux et fédéraux, des administrations seraient fusionnées, la politique de mobilité serait unifiée, au plus grand bien du futur RER bruxellois par exemple, a souligné M. Antoine.

Pour la Région bruxelloise, les centristes humanistes réclament un financement complémentaire -revendiqué par les Flamands de Bruxelles également- assuré par la révision de la clé de répartition des droits de tirage, de 80% pour les Francophones et 20% pour les néerlandophones à une clé 87/13 plus conforme à la réalité. M. Cerexhe plaide aussi pour le partage des recettes de l'impôt sur les personnes physiques sur base du lieu de travail et non du domicile, un système assorti d'une compensation entre les Régions basé sur le nombre de navetteurs.

A côté de ces simplifications "horizontales" des institutions, le cdH veut recentrer les pôles de décision politique à l'intérieur même des Régions. Régions et communes deviendraient les institutions principales, plusieurs compétences des provinces étant transférées vers ces deux niveaux de pouvoir.

Evoquant le récent sondage du quotidien "Le Soir", les ministres cdH, estimant au passage que le public n'a pas d'idée précise de la notion de "district européen", ont mis en garde contre tout repli régionaliste bruxellois. "On n'entend plus les ultra-régionalistes wallons qui fermaient la porte à Bruxelles: ce serait le comble si les Bruxellois la refermaient aux-mêmes", a commenté M. Antoine.


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