La cour d'assises de Namur a entendu mercredi matin les dernières victimes de la bande à Bancsa. Pour rappel, cette session doit décider du sort à réserver à un des membres de la bande, Ion Incze (52 ans), qui s'est rendue coupable de plusieurs vols avec violence et braquages de fourgons blindés dans les années nonante.

Appelé à la barre, Raymond Rouyer, le chauffeur du fourgon attaqué en novembre 1996 devant l'ancienne banque Dexia de Spy, s'est souvenu de ce moment douloureux de sa vie. "Lorsque j'ai vu une voiture blanche s'arrêter près de nous, j'ai tout de suite dit à mon équipier qu'ils arrivaient puisque nous avions été prévenus d'une attaque d'un fourgon Sécuritas plus tôt dans la journée".

Selon le témoin, un homme cagoulé a immédiatement tiré dans le pare-brise du véhicule tandis qu'un autre tirait dans le fourgon. "Ils étaient vraiment déterminés. L'attaque a été faite avec une intense violence et de manière très professionnelle. A un moment, j'ai été touché d'une balle à la jambe et je me suis retrouvé coincé entre les portes de la centrale. C'est grâce aux sirènes des pompiers qu'ils ont pris la fuite".

Raymond Rouyer explique ensuite que ce braquage a eu de lourdes conséquences, tout d'abord sur son physique mais également sur sa vie familiale. "Je suis resté sept mois paralysé puis dans une chaise roulante. Il a fallu cinq ans pour me remettre totalement. J'étais véritablement devenu un fardeau pour mes proches. J'en voulais à la terre entière car je me sentais diminué. Un tel événement, ça vous casse. Mais aujourd'hui, ce n'est pas de la haine que j'ai envers eux, c'est plus de la pitié de devoir voler l'argent des gens de cette manière".

Et son équipier, Hervé Emeleer de poursuivre: "quand l'attaque a commencé, j'ai directement été touché à la tête. Mais ça ne les a pas empêché de me mettre deux autres balles dans le corps. Je me suis allongé entre les deux sièges et je me suis fait le plus petit possible. Ensuite, j'ai dû suivre une rééducation. Mais, encore à l'heure actuelle, j'en subis toujours les conséquences. Mon corps ne cesse en effet de me rappeler que j'ai subi des dommages physiques".

Enfin, le dernier convoyeur présent lors du braquage a, lui, raconté qu'il n'y avait eu aucun avertissement de la part des agresseurs avant les coups de feu. "Ils ont tiré comme des malades. Ils nous auraient tués. C'était de la barbarie. C'est encore mon pire cauchemar aujourd'hui. D'ailleurs, je prends toujours des médicaments pour dormir".

Les débats se poursuivront mercredi après-midi avec, notamment, l'audition des experts psychiatres.

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