« Il y a les Jeux, mais pas que ça »

« Il y a les Jeux, mais pas que ça »

Nous avons rencontré chez lui, à Dréhance, le Dinantais Maxime Richard . Une de nos meilleures chances de médailles aux prochains JO.

Le kayak et Maxime Richard, c'est une histoire qui a débuté en vacances à l'âge de huit ans. Evidemment, quand on a un père ancien compétiteur de niveau international à l'époque de Jean-Pierre Burny, cela aide un peu. Ancien gardien de foot à la Jeunesse Anseremmoise, Maxime avait pris une autre orientation sportive. Mais lorsqu'il passa du loisir à la compétition en kayak à l'âge de 12 ans, il lui était difficile de poursuivre les deux sports de front. Pratiqué en milieu « hostile », quand il s'agit de descente de rivières, le kayak demande en effet une belle dépense d'énergie. « Je ne suis pas le champion du froid et c'est pour cela qu'aujourd'hui je recherche le plus possible de stage d'entraînements dans le sud de l'Europe, mais il faut bien y passer, dans notre région, lorsqu'on s'entraîne en hiver ou au début du printemps, confie celui qui, depuis dix ans, a été au minimum une fois champion de Belgique par an dans toutes les catégories d'âge. Dans le froid, à l'entraînement, le corps lutte pour garder la chaleur, et on est donc plus vite fatigué. Aussi l'hiver je pratique surtout la musculation au rythme de quatre séances par semaine de 2 h 15 environ. Je travaille surtout le haut du corps. Pendant cette période je sors aussi 4 ou cinq fois par semaine avec le bateau. Au printemps, là je passe à sept entraînements de kayak par semaine au rythme de plusieurs séances quotidiennes. Plus on approche du début de saison, plus je fais du bateau et de l'entraînement spécifique ». Un volume qui peut paraître important à 21 ans, mais n'oublions pas qu'il est sous contrat avec la Communauté française comme sportif de haut niveau, ce qui lui permet de gérer son temps à sa guise.

Trouver le bon débit

Les séances d'entraînement d'un kayakiste de niveau mondial comme Maxime Richard sont intenses. Et préparées par son paternel, qui est donc aussi son entraîneur. Un binôme qui fonctionne bien et qui a la confiance du ministère des sports ainsi que du COIB. « Sur une séance d'entraînement spécifique, on varie d'abord les distances, explique Marc Richard, le père de Maxime. Un nombre déterminé de séries sur 200 ou 500 m en général. Mais sur une séance-type on fractionne aussi les efforts : 6 minutes de tempo, puis 8 fois 2 minutes suivies d'une minute de repos, 8 fois 1 minute et 8 fois 30 secondes pour terminer. » Endurance, puissance, vitesse sont les éléments que travaille constamment un spécialiste de la descente de rivière, discipline qui varie aussi en fonction de l'eau sur laquelle on navigue. « La Lesse ou la Meuse n'ont pas le même débit et à la vitesse de l'eau on adapte aussi une longueur de pagaie différente, résume Marc Richard. Voilà pourquoi on cherche aussi beaucoup de stages à l'étranger pour trouver de grosses rivières à débits constants en fonction des lâchers d'eau effectués par certains barrages, et programmés à l'avance. On sait par exemple qu'à tel endroit en Espagne (Pyrénées) ou en Italie, on trouvera tel ou tel débit. Tous les matins à Sorte en Espagne, où auront lieu les championnats du monde en 2010, il y a un débit de 18 m3 lâché par les barrages. » Après y avoir remporté récemment les pré-championnats du monde, Maxime Richard visera les championnats d'Europe en juin en Italie. Son principal objectif avant la coupe du monde qui aura lieu en Tasmanie (Nouvelle-Zélande) au mois de novembre. « Tous les meilleurs y seront, confie-t-il. C'est le même niveau qu'au championnat du monde et je suis le seul Belge sélectionné pour y participer. J'ai hâte d'y être pour en découdre. Car même si tout sportif de haut niveau rêve des Jeux olympiques, il n'y a pas que ça... » Médaillé d'or en finale de la coupe du monde 2008, le Dinantais se rendra à l'autre bout du monde en favori ...

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