Sauvé, le RCSV ? « Rien n'est fait »

Le MR, dans la majorité avec le PS à la Ville de Verviers , appelle les dirigeants du club à la plus grande prudence et met certaines choses au point.

«On en appelle à la plus grande prudence. »

C'était un peu le slogan du MR verviétois, qui tenu ce mardi une conférence de presse consacrée uniquement au sauvetage du Matricule 8. Il ne faut pas, paraît-il, y voir un quelconque « distanciement » d'avec la position du PS, avec lequel le MR partage le pouvoir à la tête de la Ville de Verviers, l'échevin Freddy Breuwer ayant d'ailleurs lui aussi participé aux négociations avec le RCSV.

Il n'empêche que les échevins réformateurs (Catherine Lejeune, Freddy Breuwer et Pierre Moson) tiennent à prévenir tout emballement. Car, selon Catherine Lejeune, « au niveau du sauvetage, rien n'est fait ».

Certes, le collège échevinal PS-MR est d'accord sur le principe de sauver le RCSV de la faillite, en épongeant ses dettes du passé (quelque 400 000 €) et en en prenant le contrôle financier via une nouvelle ASBL encore à créer. Mais pas à n'importe quel prix. D'une part, le MR attend les résultats (pour dans un mois ?) de l'audit qui sera mené dans les comptes du club : « On nous parle de 300 000 à 400 000 € de dettes du passé, à propos desquelles nous avons posé une série de questions, sans avoir reçu toutes les réponses. » D'autre part, c'est l'ASBL financière contrôlée par la Ville qui allouera un budget à une ASBL purement sportive.

Un budget irréaliste

pour la saison 2009-2010 ? Et là aussi, les Réformateurs se montrent circonspects : « Le budget prévisionnel présenté par le président Marchica au collège communal pour la prochaine saison 2009-2010 s'élève à 400 000 € de dépenses et de recettes. Avec une prévision de 275 000 € de sponsoring, alors qu'il n'y en a que 75 000 € de sûrs. Les dirigeants du club doivent intégrer le fait que, dans ce budget, les dépenses doivent correspondre aux recettes sûres, ils ne peuvent plus l'établir en anticipant des recettes espérées mais qui ne reposent sur aucune certitude. On peut tous espérer que le club, d'ici la reprise, trouve des sponsors providentiels. Mais, surtout vu le contexte économique, ce budget de 400 000 € nous semble irréalisable. Les dirigeants doivent savoir aussi qu'il ne peut être question d'une mise de fonds supplémentaire de la Ville, au-delà de la reprise de la dette du passé ». Et si un budget de 400 000 € (soit près de deux fois moins que celui de la saison écoulée) ne tient pas la route ? « Il faudrait alors penser à jouer à un niveau inférieur, même si on ne le souhaite pas, bien sûr. » Les partenaires du Parti socialiste du bourgmestre Desama et de l'échevin Nyssen tirent dès lors la sonnette d'alarme et mettent en garde les responsables actuels du club (« qui pourraient aussi toujours faire partie des futurs conseils d'administration ») de ne pas aller trop vite en besogne.

Sans budget, ne pas anticiper les contrats de joueurs

Certes, ils comprennent bien que le RCSV ne peut attendre pour constituer sa prochaine équipe. Mais ils se montrent néanmoins étonnés d'apprendre, par la presse (ils brandissent Le Jour de ce mardi), l'existence de négociations pour des transferts ou de nouveaux contrats. Alors que, comme le dit la 1re échevine Catherine Lejeune, « même si on ne veut certainement pas effrayer les joueurs, si on est d'accord sur le principe, absolument rien n'est fait, concrètement, pour le sauvetage financier du club ». Et ce sera fait pour quand ? « Pas avant un mois ». Et le club ne saura pas, avant cela, de combien d'argent il disposera pour sa gestion financière lors de la prochaine saison.

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