44 ans que l'Enterprise jongle avec les galaxies. Le 11 e volet au cinéma est signé J.J. Abrams. Et plus proche de la... « Guerre des Étoiles » que de l'esprit originel. Sacrilège ? Même pas.

Nom d'un Vulcain, encore eux ! Kirk et Spock sont de retour pour la onzième fois au cinéma, la première depuis sept ans et le très mitigé Star Trek Nemesis, avec Whoopi Goldberg. Dans une version rajeunie toutefois car ce nouvel épisode des aventures du duo le plus mal assorti de l'espace est en fait un préquelle qui plonge le spectateur dans la jeunesse des deux héros. À une époque où Kirk (Chris Pine) n'était pas encore capitaine, mais où Spock (Zachary Quinto) avait déjà les oreilles pointues. Faut pas pousser, tout de même.

On découvre ainsi que bien avant de parcourir l'univers à bord de l'Enterprise et de tancer les méchants Borgs, ces deux-là, pourtant formé à la même Starfleet Academy, ne pouvaient pas se sentir : Kirk le fougueux, né et élevé dans le rural Iowa, hermétique à toute forme d'autorité et jamais avare d'un bourre-pif ; et Spock le méthodique, fils d'une mère humaine mais d'un père vulcain, qui tourne toujours sa langue sept fois en bouche avant de parler, et réfrène tout ce qui pourrait ressembler à une émotion. Bref : le feu et la glace. C'est pourtant entre leurs mains, déjà, que le sort de l'univers va être placé, bien malgré eux, par leurs supérieurs, tous empêchés de commander.

Pas besoin d'aller beaucoup plus loin dans le détail du scénnario : binaire à mourir, il n'est certainement pas le point fort de ce volet dans lequel apparaît la revenante Winona Ryder. Et pour cause : c'est à J.J. Abrams, qui a réalisé Mission : impossible 3 et surtout produit des friandises pleines de légèreté comme Armageddon, Cloverfield ou la série Lost, qu'a été confié le « bébé ». Grand fan de la série, mais pas de la première heure puisqu'il est né... un an après son lancement sur les antennes américaines en 1965, il s'est certes nourri de son histoire, mais a privilégié la forme au fond, faisant de ce 11e long-métrage un énorme blockbuster, aussi spectaculaire que pouvaient être désuets les décors en carton-pâte qui en ont fait le succès. Si bien qu'au bout du compte, on a davantage l'impression d'être immergé dans un nouvel épisode de Star Wars que dans une suite - pardon, un prémice - de la saga Star Trek. Sacrilège quand on connaît la rivalité qui oppose depuis des temps ancestraux les amoureux des deux franchises hollywoodiennes ? Nécessaire raffraichissement, plutôt. Un façon, aussi, d'essayer de toucher plus largement le public européen, historiquement moins réceptif à l'esprit « startrekien » que son homologue américain, qui lui voue globalement un véritable culte. Pour preuve, on rappellera par exemple que la première navette construite pour la Nava a été baptisée Enterprise suite à une pétition émanant des fans de la série. Le long-métrage de J.J. Abrams trouvera-t-il grâce aux yeux des plus fervents d'entre eux ? Probable car au-delà de cette cure de modernité boostée aux effets spéciaux, qui contribue à rendre l'ensemble accessible aux profanes - une gageure, le réalisateur américain a parsemé son film de multiples clins d'oeil qui leur sont directement adressés. Chapeau, l'artiste.

« Star Trek 11 », film de science-fiction de J.J. Abrams, avec Chris Pine, Zachary Quinto, Winona Ryder et Éric Bana. Durée : 2 h 08.

Nos dernières videos