STANDARD - FC BRUGES samedi 20h

Nabil, la perle Dirar

Nabil, la perle Dirar

Pour Dirar, Anderlecht sera champion. "Parce qu'il gagne, même en jouant mal". (Photo Reporters)

Le Belgo-Marocain du FC Bruges a fait son trou au Club. Mais regrette la saison poussive, loin du duel Standard-Anderlecht.

C' est lui qui compte le plus de temps de jeu au Club ! Plus que des vieux briscards, considérés comme incontournables tels que Stijnen ou Sonck. Nabil Dirar, le « petit jeune » de 23 ans. Tout juste débarqué il y a dix mois dans la Venise du Nord, après avoir fait son écolage de footballeur dans la rue, puis à l'Union, à Molenbeek et à Diegem avant d'apprendre le professionnalisme durant deux saisons à Westerlo. Le médian latéral offensif de Bruges, plus que de se rendre indispensable au sein d'un club à la recherche de son identité, a presque constitué l'unique éclaircie dans la grisaille des Blauw en Zwart. Déjà que les habitués du Jan Breydel n'ont pas eu beaucoup d'occasions de s'extasier ces derniers mois, si en plus, un joueur tel que Dirar n'avait pas été là...

Nabil, vous êtes le joueur le plus utilisé cette saison par Jacky Mathijssen. Surpris ?
Je ne m'attendais pas à jouer autant. Plus qu'à Westerlo ! Quand j'ai débarqué à Bruges, il y avait deux joueurs terribles pour me concurrencer : Van Heerden et Vargas. Mais je me suis accroché pour m'imposer. Malgré une petite blessure au quadriceps en début de championnat. Comme Bruges est un club familial et sympa, mon intégration n'a pas posé de problèmes, d'autant que Bernd Evens avait fait le trajet depuis Westerlo avec moi.

Pourtant, l'ambiance n'a pas toujours été au beau fixe entre les joueurs?
Quand ça ne tourne pas, il y a des tensions et ça dégénère... Certains nouveaux ont porté le chapeau à tour de rôle. D'abord Ciman, puis Vargas, puis moi. À un moment, j'en ai eu marre de toutes ces critiques. Même à l'entraînement, j'entendais des « lâche ta balle ! » Alors, c'est vrai, je râlais et j'ai fait une interview qui a fait du bruit. Après, on m'a reproché d'étaler nos soucis dans la presse. Mais entre nous, il n'y avait pas moyen d'en parler ! Le public brugeois, qui n'est pas habitué à ce genre de choses, m'a même sifflé durant tout un match face à Tubize. J'ai pris sur moi et j'ai réussi, avec l'aide l'équipe, un bon match. Les dirigeants ont calmé le jeu, notamment, en mettant quelques déclarations tempérées de ma part sur le site web du club. Par la suite, tout s'est aplani. Avec mes coéquipiers aussi.

Vous avez aussi dû faire front en équipe nationale du Maroc. Au pays, beaucoup vous ont considéré comme un « traître », pour avoir d'abord choisi les Diables rouges.
J'aurais pu éviter ça, en me renseignant mieux. Comme j'avais déjà joué avec les Espoirs marocains, je ne pouvais pas porter le maillot belge. Mais j'assumerai toujours ce premier choix. Il y a le pays de ma naissance et de mes racines, et celui où j'ai grandi et tout appris. Il me semblait que les Diables m'offraient plus d'horizon et plus de facilités. En plus, il y manque un joueur technique dans mon genre. Par contre, au Maroc, des Dirar, il y en a plusieurs.

Titulaire indiscutable à Bruges, international marocain... quelle est la prochaine étape?
Je rêve de l'Angleterre ou de l'Espagne. Je ne serai satisfait que lorsque j'aurai évolué dans un de ces deux championnats. Peu importe l'équipe.

Et quand planifiez-vous cela?
J'ai progressé. J'ai appris à me battre et j'aime ça ! À tel point que l'entraîneur me demande parfois de moins défendre. Footballistiquement, je suis prêt pour l'aventure. Mais j'ai encore quatre ans de contrat, cela fait cher pour un candidat acquéreur. La saison prochaine, je devrais rester à Bruges... mais on ne sait jamais.

Si vous restez à Bruges, ce sera sans Jacky Mathijssen...
C'est le foot. Je n'ai toujours pas compris pourquoi son départ a été annoncé à l'avance. Soit il partait sur le champ, soit il fallait garder cela confidentiel. Ça n'a pas aidé le groupe à se stabiliser. Le coach est moins présent, il a moins d'emprise. Les joueurs le sentent.

Et les résultats ne s'arrangent pas!
Non. Pourtant, il faut absolument accrocher cette troisième place. La Gantoise ne peut pas nous rattraper. Un club comme le nôtre ne doit pas terminer au pied du podium, même si la 4e place est qualificative pour l'Europe.

Qui sera champion?
Anderlecht.

Pourquoi?
Euh... Parce qu'il gagne, même en jouant mal.

Pas parce que Bruges va accrocher le Standard, plutôt?
Non, je ne dis pas ça. Je ne suis pas un provocateur comme Mbokani.

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