La Région wallonne priée de se mettre au vert

La Région wallonne priée de se mettre au vert

(Photo Heymans)

GROS PLAN | La nature souffre. La biodiversité est en recul. Natagora n'en peut plus de cette situation et demande aux politiques de réagir. Mais aussi de s'engager.

«La transition écologique est un impératif . » Cette petite phrase, prononcée dimanche dernier à Charleroi par le coprésident d'Écolo, Jean-Michel Javaux, résume à merveille le mémorandum que vient d'adresser Natagora aux partis politiques du sud du pays.

Pour l'association de protection de la nature, il y a urgence. L'heure n'est plus à la tergiversation mais bien à l'action. Et ce n'est pas le travail qui manque. En Région wallonne, affirme Harry Mardulyn, le président de Natagora, « un tiers au moins des espèces animales et végétales est actuellement menacé de disparition ».

« Nos plaines agricoles ne sont plus que des déserts écologiques, prévient-il, nos forêts sont artificialisées par l'exploitation industrielle et grignotées par l'urbanisation . »

Si l'on en croit l'association, cette tendance ne s'estompe pas. L'Europe avait prévu d'ici à 2010 d'enrayer l'érosion de la biodiversité. Mais elle ne pourra pas respecter ses promesses.

Face à ce constat catastrophique, Natagora réagit. L'association a envoyé son mémorandum aux différents partis politiques wallons à la veille des élections régionales et européennes du 7 juin prochain.

Vingt mesures concrètes

Dans son dossier de 18 pages disponible sur le site internet de l'association, Natagora détaille ses « 20 Propositions pour une véritable politique de protection et de restauration de la Biodiversité en Région wallonne ». « On aurait pu en mettre 40 ou 60 », explique Joëlle Huysecom.

Aucun domaine n'a été oublié. « Ces mesures portent sur la conservation de la nature, l'agriculture, la forêt et l'eau, ainsi que l'aménagement du territoire » explique l'association.

Une manière de placer les hommes politiques, quel que soit leur parti, face à leurs responsabilités. « Les discours politiques ne sont pas suffisamment suivis d'effets sur le terrain » regrette Natagora. « De même, les grands programmes porteurs d'espoir tel Natura 2000 ont été dilués de leur substance par d'infinis compromis avec les lobbies agricoles et forestiers . »

Les partis politiques n'ont cette fois plus qu'à bien se tenir. Car Natagora n'entend pas se contenter de vaines promesses. L'association veut des actes et annonce déjà la couleur. Elle réclamera des comptes aux partis, endéans les deux ans, et ce, quelle que soit la majorité. Les voilà prévenus.

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