Commission Fortis: le MR et le CD&V soulagés

Bacquelaine s'en est pris à ceux qui, à des fins partisanes, ont cherché "à instrumentaliser cette Commission". (photo Belga)

Yves Leterme et Didier Reynders sont "hors de cause". C'est en tout cas l'interprétation faite par leur parti du rapport de la Commission d'enquête parlementaire sur la séparation des pouvoirs dans le dossier Fortis qui a été présenté à la Chambre ce jeudi.

Le CD&V et le MR estiment que la preuve est définitivement faite que le gouvernement n'avait pas exercé de pression dans la procédure judiciaire Fortis. "A-t-on trouvé des preuves? Non", a indiqué ce jeudi en séance plénière de la Chambre le président du groupe CD&V Servais Verherstraeten après dix jours de travaux de la Commission d'enquête. "Yves Leterme et Didier Reynders sont définitivement mis hors cause et si Jo Vandeurzen a entrepris certaines démarches, c'était avec le seul souci de s'assurer que la justice soit appliquée de manière équitable", a-t-il assuré.

MR et CD&V ont admis l'existence de contacts "pas heureux" ou de "dysfonctionnements", qui ont motivé la rédaction de recommandations. Invitant à "tourner la page", Servais Verherstraeten a appelé à "réformer la justice, avec les magistrats et les avocats".

"Présomption de culpabilité"

Daniel Bacquelaine (MR) a été dans le même sens en début de semaine en souhaitant la mise en place d'un important chantier de réformes de la justice. Ce jeudi à la Chambre, le chef de groupe MR s'en est pris à ceux qui, à des fins partisanes, ont cherché "à instrumentaliser cette Commission". "On a joué allègrement et sans retenue avec la présomption de culpabilité", a fustigé Bacquelaine, pointant ceux qui ont "sciemment entretenu la confusion entre des contacts admis par les règles usuelles de la procédure judiciaire et des pressions".

Son de cloche un peu différent chez les socialistes. Mettant en exergue l'inventaire des contacts problématiques établis entre le gouvernement et la justice, le chef de groupe PS Thierry Giet a évoqué le fait que pendant l'affaire Fortis "l'agitation de certains chefs de cabinet a entraîné des coups de fil qui jamais n'auraient dû être donnés". Un substitut a eu le sentiment qu'on voulait lui faire changer d'avis, a-t-il embrayé. "Le sentiment de pression est aussi grave qu'une pression en tant que telle", a dit Thierry Giet, rappelant qu'il ne fallait pas pour autant "tomber dans la théorie du grand complot" et que la mission de la Commission d'enquête n'était pas de pointer des "responsabilités individuelles".

Rififi entre socialistes du sud et du nord

Le député socialiste a par ailleurs regretté l'attitude d'Ecolo et du sp.a qui ont présenté des conclusions et des recommandations alternatives. Pour Thierry Giet, la démarche des Verts et du sp.a n'était motivée que par le choix de "l'électoralisme", les recommandations, officielles et alternatives, ne divergeant que fort peu.

Faux, a rétorqué Renaat Landuyt, dans un échange entre socialistes du nord et du sud du pays. La motion de la majorité "défend le retour à l'ancien régime, celui où le procureur est le patron des Cours et tribunaux, où le gouvernement peut utiliser le ministre de la Justice comme cela a été le cas dans l'affaire Fortis", a-t-il expliqué en substance.

Le débat sur les conclusions de la Commission se poursuivaient ce jeudi soir.

Avec Belga